jarre, zir
Numéro d'inventaire : 2017.24.16.1-2Description
Création
Lieu : Menouf, Menufeya, EgypteDate : 1979L'argile utilisée est une argile rouge de la région de Menouf, au centre de la province de Menufeya. Chaque pièce est montée sur le tour au colombin.
Usage
Lieu : Menouf, Menufeya, EgypteDate : 1979Le "zir" constitue la principale réserve d'eau de la maison. Il est généralement fermé par un couvercle en bois ou en argile. Il peut en exister plusieurs par maison selon les besoins. On le remplit avec l'eau apportée d'un puits ou d'une source à l'aide de poteries dédiées au transport, comme la "sega" ou le "zir al-rakayeb". On y puise avec un godet céramique ou, plus généralement aujourd’hui, en métal. L'argile poreuse dont il est fait permet la lente transpiration de l'eau, qui suinte le long de la paroi et goutte sous la jarre. C'est pourquoi le zir ne doit pas être posé au sol mais élevé sur un support, souvent en bois d'acacia ou de tamaris (voir le tableau "Porteur d'eau au Caire" par Franz Wilhem–Odelmark, 2006.4.3), mais parfois en céramique comme ici. Ainsi surélevé, le zir poreux est à l'abri des échanges indésirables avec la poussière du sol tandis que celui-ci, qui peut être en terre battue ou en brique crue, ne souffre pas des infiltrations de l'eau qui suinte de la paroi. L'eau est toujours récupérée dans un récipient placé sous le zir. Elle se trouve filtrée par son passage à travers la paroi et donc propre à la consommation. Cette technique pour rendre l'eau potable a été observée par les savants de l'expédition d'Egypte en 1798-1801 et relatée dans la "Description de l'Egypte". A la demande de certains clients, des potiers d'El Qasr (oasis de Dakhla) rajoutaient de la cendre à la pâte utilisée pour former le fond du zir, afin que cette partie soit encore plus poreuse, augmentant la qualité de l'eau recueillie. Le zir est souvent placé dans des endroits ombragés, dans la cour ou la cuisine, parfois dans une niche appelée "maziara", où il est protégé du soleil. Dans la mesure du possible, il est placé dans un endroit aéré afin que la circulation de l'air accentue le phénomène d'évaporation qui permet de maintenir voire d’accentuer la fraîcheur de l'eau. Il est fort probable que des céramiques avec les mêmes propriétés rafraîchissantes étaient en usage dans l’Antiquité : une stèle de l’an 8 du pharaon Ramsès II (vers 1271 av. J.-C.), trouvée à Manshiyet es-Sadr, mentionne des potiers fabricant des vases destinés à rafraîchir l’eau des carriers pendant l’été (voir le catalogue de l’exposition « Ramsès le Grand », galeries nationales du Grand Palais, 1976, p. 55)
Description détaillée
Jarre (1) à col large et élevé, à la panse renflée et au cul effilé et rond. De l'épaule au col elle est recouverte d'un engobe blanc avec un décor de frises incisées : des arcades entre deux bandes horizontales à la jonction de l'épaule et du col, et des pointillés au-dessus d'une ligne en haut du col. Gros éclats de surface dus à des inclusions calcaires.
La jarre s'emboîte dans un support cylindrique (2) ouvert au sommet. Une ouverture globalement carrée est également pratiquée dans la paroi. Sous le bourrelet au sommet le potier a créé une frise d'encoches probablement réalisées au doigt.Une fissure traversante dans le fond plat.Matériaux et techniques
- argile, terre cuite : façonnage au colombin, façonnage au tour
Dimensions et poids
- Hauteur : 97.5 cm
- Diamètre : 38 cm
- Poids : 38,220 grammes
Provenance et historique
Découverte - collecte
Lieu : Menouf - Menufeya - EgypteDate : 1979Collecteur : Nessim Gad Henry HeneinAcquisition
Date : 4 juillet 2017Acteurs :Prêt
Alexandrie : futurs antérieurs
Date : 30 septembre 2022 - 8 janvier 2023Exposition Mucem
Alexandrie : futurs antérieurs
Date : 7 février 2022 - 8 mai 2022Bibliographie
- [Livre] Henein, Nessim Gad Henry. 1992. Poteries et proverbes d'Egypte.
Mots-clés
Thématique
Dénomination
Sujet
Utilisation
Nature