pichet
Numéro d'inventaire : 1956.59.1Description
Création
Lieu : Nevers, Nièvre, Bourgogne, FranceDate : 1797Joseph Gassieau (ou Gassuau, ou Gassiau), pour qui ce pichet a été réalisé, est connu par plusieurs faïences patronymiques et des archives du Maine-et-Loire. Il était charpentier de marine, comme en témoigne ce pichet de corporation et une assiette à son nom datée de 1782, ornée de deux ancres croisées (musée de l’Abbaye Sainte-Croix aux Sables d’Olonne, inv. 2005.7.56). Il a épousé, sans doute en 1796, une certaine Anne Maupoint, qui est citée avec lui sur plusieurs pièces en faïence (par exemple deux assiettes de 1797 au musée de l’Abbaye Sainte-Croix aux Sables d’Olonne, inv. 2005.7.101 et 2005.7.132). Anne Maupoint était la fille de Louis Maupoint, un marchand marinier et voiturier des sels de Chênehutte-les-Tuffeaux (il fut arrêté à Tours en 1774 pour avoir jeté dans la Loire des registres fiscaux après avoir trop bu dans un cabaret). Au total, on connaît six pièces de faïence à son nom – voir Jean Rosen (dir.), « Les faïences patronymiques. Collection Jeanne Lemerle – Donation Michel Dillange », 2006, p. 106-107, cat. 62 et 64.
Usage
Date : 1797 - 1956On appelle « faïence patronymique » une pièce en faïence, le plus souvent une assiette, un saladier ou un plat à barbe, comportant une inscription donnant le nom du propriétaire de l’objet et une date. Dans la plupart des cas, la pièce est décorée de l’image d’un saint, généralement choisi en fonction du nom du destinataire de la pièce, dont il est le saint patron. D’autres pièces mettent plutôt en avant des motifs liés à un corps de métier. Dans la majorité des cas, la date inscrite correspond à l’année de fabrication de la pièce. Quand on peut savoir à quelle occasion celle-ci a été produite, il s’agit le plus souvent d’un mariage. Mais les faïences patronymiques peuvent aussi n’avoir d’autre finalité que de célébrer un individu, auquel elles peuvent être offertes, et quelquefois ses qualités ou son métier – sans doute à l’occasion d’une étape importante dans une carrière. Dotées d’un tel potentiel commémoratif et décoratif, elles n’étaient sans doute pas destinées au service courant mais devaient être présentées et affichée, notamment sur un vaisselier. C’est à partir des années 1730 que ce type de céramique se multiplie dans une France prospère et commerçante. Au XVIIIe siècle, le commerce extérieur comme intérieur est favorisé par le développement des transports, l’absence de guerre sur le territoire français et les manufactures en pleine expansion (notamment les faïenceries de Nevers et de Bourgogne). La faïence cesse d’être un produit de luxe et devient un produit de consommation courante, accessible à la bourgeoisie. A l’imitation de la noblesse, qui a multiplié les armoiries sur ses biens meubles à la fin du XVIIe siècle, les bourgeois cherchent à afficher leur réussite individuelle sur leur vaisselle. Peut-être y a-t-il aussi une influence des faïences patronymiques à décor de métier, car de telles gourdes-bouteilles de sont connues à Nevers dès 1680. Les pièces patronymiques apparaissent donc en réaction à la démocratisation du matériau : individualisées par un nom et une date, elles se distinguent au milieu d’une production de plus en plus abondante – tandis que lorsque les faïences étaient encore rares et chères, il n’était pas nécessaire de les personnaliser pour marquer le statut exceptionnel de leur propriétaire. Pourtant elles restent dans un statut intermédiaire entre la production en série et la commande unique, car l’utilisation d’un poncif (feuille de papier où les lignes du dessin sont piquées de trous, permettant de tracer une esquisse en pointillés sur la surface à décorer) pour les figures de saints produit des images identiques sur des assiettes destinées à des personnes différentes, parfois sur plusieurs décennies.
Description détaillée
Faïence au tour, peinte, émaillée / Pichet en faïence.
Sur plan circulaire à fond plat avec panse globulaire avec anse latérale verticale, et col long à lèvre arrondie et à bec verseur. Décor avec dans un paysage, six charpentiers au travail avec une inscription entre des bandes de couleur bleues et orange. Sur la anse alternance de bandes orange et bleues.Décor
- industrie du bâtiment, homme, élément végétal, matériel pour la consommation, Ornementation, arbre, industrie du bois, chauffage, groupe, hachures, sexeféminin, travail du métal, matériel industriel, vêtement (artisan-ouvrier-paysan), ensemble naturel, femme, ornement, artisan (imprimerie), plante, Scène
Matériaux et techniques
- terre cuite : au tour, émaillé, peint
Dimensions et poids
- Hauteur : 30 cm
- Largeur : 18 cm
- Longueur : 21.5 cm
- Poids : 1.497 kg
Provenance et historique
Acquisition
Acteur : BoucaudDépôt
Date : 24 avril 2023Emplacement : Musée de la Marine de Châteauneuf-sur-LoireExposition Mucem
Le Temps des loisirs
Date : 7 juin 2013 - 31 mars 2014Bibliographie
- [Livre] Rosen, Jean. 2006. Les faïences patronymiques. Collection Jeanne Lemerle - Donation Michel Dillange.
Autres associations
- Notes60.75.11
- TypesPhotographie, Ektachrome, Diapositive, Photographie, image numérique
- Notes
Mots-clés
Thématique
Dénomination
Sujet
Décor
Nature