Cesario Da Rocha Martins plat Portugal 2005 2005.82.9 Photo Mucem
Cesario Da Rocha Martins plat Portugal 2005 2005.82.9 Photo Mucem
Cesario Da Rocha Martins plat Portugal 2005 2005.82.9 Photo Mucem
Cesario Da Rocha Martins plat Portugal 2005 2005.82.9 Photo Mucem

plat

Numéro d'inventaire : 2005.82.9

Description

  • Création

    De : Lieu : Bisalhaes, PortugalDate : 2005
  • Usage

    Lieu : PortugalDate : 1ère moitié 21e siècle

    Cette production céramique caractérise toute la moitié nord du Portugal, au travers de plus de cinquante centres de production. L'origine de ces derniers, qui peuvent être regroupés en huit entités, remonte pour certains au XVIIe siècle, voire au XVe. Ils connurent leur apogée au XIXe siècle et, déclinant peu à peu, seul un petit nombre d'entre eux demeure encore actif aujourd'hui (Bisalhaes, Vilar de Nantes, etc.). Parallèlement à cette céramique cuite en réduction, et ce depuis les origines, est attesté un autre type, cuit en atmosphère oxydante, décoré à l'engobe, qui offre davantage de possibilités décoratives. La permanence de ce type céramique réside en partie dans sa dimension culturelle dans la mesure où les potiers interrogés assurent que les mets sont meilleurs lorsqu'ils sont préparés ou servis dans de la poterie noire (traduite par l'expression « goût arrondi »). L'intérêt de cette production réside ainsi notamment dans ses dimensions ethno-économico-archéologiques. Outre de grandes constantes qui caractérisent ce type céramique (pâte, cuisson réductrice, formes, techniques et répertoire décoratifs, etc.), certains traits permettent de définir de vastes aires géographiques : tantôt l'utilisation d'un tour rapide, tantôt d'un tour lent (tour bas) tout autant qu'une cuisson, soit dans un four à double chambre, soit en meule, entre 500° et 900°C. Pour la zone concernée (la moitié nord du Portugal) et depuis la frontière nord du pays, ces aires sont respectivement localisées, pour le premier paramètre, dans les premier et troisième tiers, et, pour le second paramètre, dans le premier tiers pour les fours à double chambre, dans les deux derniers pour les meules (les centres potiers dont le musée a acquis les pièces relèvent du premier tiers de la moitié nord du pays dans lequel se situe cette production de céramiques grises). L'un des premiers critères de caractérisation de cette céramique demeure la teinte gris-noir de la pâte obtenue en cuisson en atmosphère réductrice (milieu privé d'oxygène), par l'ajout d'un combustible fumigène. Les décors polis, lissés et incisés constituent un autre critère de caractérisation. En outre, ces pièces peuvent recouvrir différents usages, fonctionnel et décoratif voire ludique. La chaîne opératoire qui permet l'obtention de telles pièces a été bien définie, depuis l'acquisition de la matière première, sa préparation (extraction des impuretés, décantation, filtration) à la fabrication des pièces à proprement parler. Se déclinent, voire se combinent, ainsi différentes opérations selon : Phase de fabrication de la pièce, depuis la mise en forme du corps (modelage, moulage, tournage, montage à la plaque) jusqu'au traitement de surface (lissage, polissage, incision), de la finition (pincements, éléments rapportés) et à l'enlèvement de la pièce du tour ; Phases de séchage ; Phase de décoration, depuis les traitements de surface (incision, excision, gravure, impression telle que ponctuations, estampage, impression à la roulette, impressions pivotantes, modelage par pincements de la pâte, moulage voire polissage) aux apports de matière (substances telles qu'engobe, vernis, graphite, fumées, décoration telle que peinture, décor plastique, décor appliqué, inscrustations) ; Enfournement, soit en atmosphère oxydante (chauffe, cuisson), soit en atmosphère réductrice (chauffe, polissage, cuisson) ; Commercialisation, directe ou indirecte. La production révèle une grande variété de formes ; ces dernières, dont la vocation première n'était qu'utilitaire, ont peu à peu, pour certains types, évolué pour rendre compte de préoccupations décoratives fortes. En effet, afin de faire face à la concurrence des productions industrielles, et conjointement dans le but de s'adapter aux nouveaux usages de la clientèle, les potiers ont fait évoluer la production vers un usage décoratif, jusqu'à ce que certaines pièces deviennent non fonctionnelles. S'est alors fait jour un répertoire totalement renouvelé pour lequel, aux côté des poncifs habituels, du relief à la ronde-bosse, apparaissent des représentations zoomorphes et anthropomorphes, tout autant que divers éléments rapportés d'une grande richesse plastique et d'une grande habileté technique. La plupart des pièces sont pourtant tournées, assurant une imperméabilité garante de leur fonctionnalité. Les pièces acquises par le musée, aux teintes grises caractéristiques, représentent davantage le caractère utilitaire de cette production. Obtenues par montage au tour (à la plaque pour quelques pièces), les formes céramiques relèvent des types pichet, cruche, jarre, plat/écuelle, bassin ou encore cafetière. Les « formes fermées » demeurent généralement élancées, composées d?un pied, d?un corps pansu, auquel s?ajoute un col haut, le plus souvent légèrement évasé, sur lequel est parfois aménagé un bec verseur. Dans le cas des formes ovoïdes ou globulaires, les potiers ont recours à l?assemblage tant pour les éléments de préhension et éléments verseurs, que pour obtenir des formes discontinues avec ruptures de profil (pied, corps, col). Certains raccords demeurent d'ailleurs peu soignés. Cuite en atmosphère réductrice, non vernissée, caractérisée par une pâte à forte proportion en kaolin, bien cuite (jusqu'à être grésée) et sonore, à grains fins et d'une grande cohésion, cette production est assez richement décorée tant par le répertoire de motifs utilisés que par les techniques décoratives utilisées. Le décor demeure pourtant relativement discret et reste uniforme sur l'ensemble des pièces collectées qui l'ont été de façon à être représentatives de la production de cette région. Le décor recouvre les bords externes, bien sûr, voire les bords internes lorsque les formes sont basses et ouvertes. Les artisans ont ainsi recours à un large éventail de techniques décoratives (incision, excision, impression, modelage, lissage voire polissage) qui peuvent être combinées. Certaines décors plastiques méritent d'être évoqués ; ils sont notamment formés de cordons incisés ou consistant en pincements réguliers de la pâte, voire de pressions faites au doigt ou à l?ongle avant cuisson. Ce principe décoratif est appliqué soit sur des bourrelets rapportés soit sur d'autres parties en relief ménagées lors de la phase de tournage et laissées en réserve par rapport aux autres parties lissées. Ce parti pris a été étendu dans un cas aux éléments de préhension. Le langage décoratif s'associe à un jeu sur les contrastes entre des zones grenues/mates et d'autres polies/brillantes obtenues par polissage consistant en l'application appuyée ou en un frottement répété d'un instrument dur (os, bois, pierre, etc.) sur la surface de la céramique lorsque celle-ci est à moitié sèche qui a pour conséquence un tassement des particules. Est ainsi développé, parfois en privilégiant une partie du récipient (l'épaule ou le col) et en parallèle du traitement en zones, un langage géométrique le plus souvent, végétal sur certaines pièces, qui se révèle relativement couvrant.

  • Description détaillée

    Argile tournée, lissée, décorée d'incisions, polie, qui a été cuite en réduction. / En argile tournée et lissée, de couleur D10 gris. Récipient de type écuelle, sur plan circulaire, à rebord arrondi légèrement lissé, modelé après avoir été tourné et pincé afin de rendre l'ouverture oblongue. Décor lissé et poli, à tendance géométrique, composé de zigzags irréguliers, parfois entrecroisés, sur les bords externes et internes. Rose quadrilobée, de même technique, sur le fond du récipient. Sont visibles quelques coups de feu.
  • Décor

    • géométrique, végétal
  • Matériaux et techniques

    • argile : tourné, lissé, incisé, poli, cuisson en réduction
  • Dimensions et poids

    • Hauteur : 7 cm
    • Largeur : 8,4 cm
    • Longueur : 14,7 cm
    • Poids : 261,8 grammes
  • Bibliographie

    • [Livre] PAIS DE BRITO.2008.Inventario olaria portuguesa.
    • [Livre] COLLECTIF.2002.Objets civils domestiques.Typologie.
    • [Livre] BALFET.1989.Lexique et typologie des poteries.
    • [Livre] COLLECTIF.1997.Louça em Portugal:olhares cruzados.
    • [Livre] COLLECTIF.1984.Objets civils domestiques.
    • [Livre] GASPAR,RAMOS.2003.Artesanato portuges.MAOS,23.
  • Mots-clés

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