Rubrique réalisée avec le concours des associations : AAPS, Actions Traitements, ADIS 85, AIDES, ARCAT-Sida, Association des jeunes contre le sida, Association des médecins gais, Centre Gai et Lesbien, CFH, David et Jonathan, Fédération CGPIF, Gay'titudes, Lesbian & Gay Pride, Le Patchwork des Noms, Radio FG 98,2, Santé et Plaisir Gai, Syndicat National des Entreprises Gaies, Tours Elisa 2000, Vaincre le Sida (VLS) et du Ministère de la santé publique et de l'assurance maladie. (à droite), en bas
Michel a 40 ans, il habite Paris, // il est soigné par des antiviraux // depuis 1989. C'est en juillet 93 // qu'il est atteint par une premiè- // re infection opportuniste, puis // de nouvelles infections succes- // sives se sont déclarées et l'ont // contraint à effectuer plusieurs // séjours à l'hôpital : // // "Depuis la fin 93, j'ai eu un kaposi, un // zona, une polynévrite et une affection // méningée. J'ai les jambes lourdes, une // fatigue permanente, des diarrhées... // L'entrée dans la maladie a bousculé mon // quotidien, j'ai dû tout remettre en cause. // Aujourd'hui, plus question de conduire // une voiture, de faire mes courses. Vivant // tout seul, j'ai dû réorganiser ma vie. Un // ami très cher m'aide chaque jour, il m'em- // mène et me ramène du bureau où je ne tra- // vaille plus qu'à mi-temps. Quand je sors // au restaurant, c'est aussi avec lui... Les // lieux gais, je ne les fréquente plus, je ne // supporte plus le bruit ni la fumée... Et puis, // mon état de malade est vite discerné et le // regard des autres me met mal à l'aise... Je // me tiens quand même informé de la vie // gay par mes amis et par la presse... Je suis // sidéré de constater que certains lieux refu- // sent encore de faire de la prévention... J'ai // la chance de bénéficier de l'hospitalisation // à domicile et des services d'une associa- // tion qui me fournit des repas livrés à // domicile et s'occupe de mon ménage. Mon // quotidien n'est pas trop difficile car j'ai // de bons revenus, mais je connais tellement de // gens qui eux sont vraiment dans le dénue- // ment et dans une grande solitude. // L'avenir, j'y pense aussi... J'ai préparé // ma succession. je dirige une petite société et // transmettre mon patrimoine à un tiers n'est pas avantageux... C'est comme pour // tous ceux qui vivent en couple et qui, s'ils // n'utilisent pas le système de l'assurance- // vie sont lourdement taxés sur des biens // souvent acquis en commun... Il est vrai- // ment temps que l'on puisse bénéficier d'un // contrat d'union qui nous permette // d'être mieux protégés en matière de loge- // ment et de succession... (colonne du milieu sur la partie gauche), à gauche
Pierre a 26 ans. Il habite Nice. Il // a été contaminé quand il avait à // peine 18 ans. Parce que trop // fatigué, il s'est retrouvé licencié de son emploi dans l'hôtellerie. // Les problèmes pour lui, sont // autant liés à la sécurité matériel- // le qu'aux infections opportunistes // auxquelles il doit faire // face // // "J'avais beaucoup maigri à cause // d'une infection intestinale... Ca se // voyait dans mon travail et j'ai dû // leur dire ce que j'avais vraiment... Au // début, ils ont été compréhensifs, mais // d'arrêt de travail en arrêt de travail, // j'ai bien vu que je n'avais plus ma // place à l'hôtel. Un jour, ils m'ont // licencié... Aujourd'hui, après 2 ans de // chômage, j'ai demandé à mon médecin // de me placer en "arrêt longue mala- // die". Compte tenu de mon ancien reve- // nu, je touche 3500 F de la Sécurité // Sociale. Avec ça, j'ai tout juste de // quoi me nourrir et payer mon loyer... // Comment font ceux qui ont moins et // qui ont un loyer important ? Je ne sais // pas très bien quoi faire pour m'en sor- // tir un peu mieux. On m'a dit que je // pouvais bénéficier de certaines aides // locales et recevoir une assistance à // domicile... Toutes ces formalités admi- // nistratives m'épuisent et me découra- // gent... J'aimerais pouvoir être mieux // informé sur mes droits. J'aimerais que // toutes les personnes malades comme // moi puissent avoir un revenu décent // pour vivre et ne soient pas menacées // d'expulsion quand elles n'arrivent // plus à joindre les deux bouts. La // maladie, c'est déjà très dur, mais la // misère en plus, c'est insupportable... // J'aimerais tant que ça change !" (colonne de gauche), à gauche
Les malades du sida, ce sont nos amis, nos amants, nos collègues de travail, les amis de nos amis ou // nous-mêmes... Souvent il n'est pas facile de prendre en compte les espérances, les désirs et les // besoins liés à cet état. L'entourage ne perçoit pas toujours le décalage qui s'installe entre les // préoccupations des personnes touchées par le sida et celles des autres. // Avec un peu plus de compréhension, avec un soutien adapté, avec un effort // de chacun d'entre nous, les malades ont leur place dans la société. // Les témoignages qui suivent reflètent la diversité de ce quotidien, de notre quotidien à tous. (sur la partie gauche), en haut
Jean-Pierre est propriétaire // d'un bar gay. Il a 45 ans. La plu- // part de ses amis de jeunesse // sont décédés du sida. La mala- // die et les problèmes qu'elle // pose, il les connaît bien... Il les // rencontre chaque jour dans // son entourage et dans sa clientèle : // // "On se demande souvent pourquoi les // malades ne sortent plus dans les bars // gays... Je pense que le plus dur pour eux, // c'est le regard des autres... Les malades // qui viennent boire un verre ici choisis- // sent plutôt l'après midi, car tout est // plus calme, on peut s'asseoir à une table // et discuter tranquillement. Ce qu'ils // veulent par dessus tout, c'est le droit à // l'indifférence... Bien sûr, ils apprécient // tous les petits gestes qu'on peut faire // pour eux mais ils n'aiment pas qu'on les // prenne en pitié. Ils sont trop conscients // de leurs différences pour qu'on les leur // rappelle encore en les traitant // différemment. Mes barmans et moi- // même sommes très respectueux de nos // clients et nous faisons bien sûr plus // attention à ceux qui nous semblent fati- // gués. Certains nous demandent pour- // quoi il n'y a pas une salle plus calme, // sans fumée et sans bruit. D'autres nous // suggèrent de faire des soirées non- // fumeurs comme dans les pays anglo- // saxons... De mon côté, je fais tout mon // possible pour que mon bar soit // accueillant pour tous. Nous achetons // des préservatifs pour les diffuser gra- // tuitement et vendons des rubans rouges // au profit d'associations." (colonne de droite sur la partie gauche), à gauche