Hôpital Pasteur - Personnel et malades PAGE DE JOURNAL La douloureuse fin de siècle de l’hôpital Pasteur Île-de-France, France 2000/1/7 2002.106.12 Photo Mucem
Hôpital Pasteur - Personnel et malades PAGE DE JOURNAL La douloureuse fin de siècle de l’hôpital Pasteur Île-de-France, France 2000/1/7 2002.106.12 Photo Mucem

PAGE DE JOURNAL, La douloureuse fin de siècle de l’hôpital Pasteur

Numéro d'inventaire : 2002.106.12

Description

  • Création

    De : Lieux : 
    • Paris, Île-de-France, France
    • France
    Date : 7 janvier 2000

    Article publié après la fermeture de l’hôpital , photocopié par Agnès Contat et ajouté aux objets remis au Musée

  • Description détaillée

    Photocopie de la page 15 d'un journal, imprimée en noir et blanc sur une grande feuille rectangulaire. Le titre se trouve dans la partie supérieure; l'article est illustré d'une photographie de la façade de l’hôpital. L'article est organisé en plusieurs paragraphes et comporte quelques sous‑titres dans la partie inférieure.
  • Inscriptions

    Titre

    La douloureuse fin de siècle // de l' hôpital Pasteur" (Le titre de l'article est marqué dans la partie supérieure du recto.), en haut

    Texte

    Ouvert en 1900, l'hôpital Pasteur a officiellement fermé ses portes le 31 décembre. Une partie des lits d'hospitalisation sera transférée vers l'hôpital Necker, tandis que les consultations continueront à être assurées sur le site de Pasteur. Programmée depuis plusieurs mois, la fermeture de cet établissement historique, spécialisé dans les maladies infectieuses, est vécue douloureusement par les patients et une partie du personnel qui évoque un "incroyable gâchis". // (...) L'activité d'hospitalisation de Pasteur va être transférée sur l'hôpital Necker - Enfants-malades où va être mis en place un centre d'infectiologie Necker-Pasteur (CINP). Selon le Pr. Philippe Sansonetti, directeur médical de l'Institut Pasteur, ce nouveau centre accueillera 17 lits sur les 42 que comptait l'hôpital. L'hôpital de jour passera de 8 à 4 lits. Quant à l'hôpital Pasteur, il va se transformer en centre de santé et n'assurera plus que des activités de consultation, de vaccination, d'allergologie ainsi qu'une partie de la recherche clinique. // "Nous sommes évidemment tristes de la fermeture de l'hôpital. Mais on a quand même réussi à sauver une partie de l'activité, ce qui n'était pas sûr au départ car la tutelle voulait tout fermer", estime le Pr. Sansonetti. "C'est un gâchis absolument incroyable" répondent plusieurs médecins, qui ont quitté Pasteur au cours des derniers mois, complètement écoeurés. Pour eux, la fermeture de l'hôpital n'est pas uniquement due à la rigueur des autorités de tutelle mais aux erreurs stratégiques de la direction de Pasteur, qui, estiment-ils, n'a jamais souhaité vraiment que l'hôpital survive. // Un cas atypique // Pasteur a toujours constitué un cas atypique dans l'univers hospitalier parisien. Etablissement privé participant au service public, associé par convention avec Necker, l'hôpital n'existait qu'à travers son seul service de maladies infectieuses, tropicales et immunitaires. Très largement spécialisé dans le VIH depuis le milieu des années quatre-vingt, l'hôpital a connu, à partir de 1996, une forte chute de son taux d'occupation des lits grâce à l'arrivée de nouvelles multithérapies plus efficaces. Craignant une fermeture de l'hôpital, la direction de Pasteur a élaboré en 1997 un très ambitieux projet de redéveloppement visant à créer une synergie plus forte avec l'Institut. Jugé irréaliste par une majorité des médecins, qui préconisaient plutôt une diversification vers les hépatites et la pathologie du voyage, ce projet a été accepté avec beaucoup de réticences par l'agence régionale de l'hospitalisation d'Ile-de-France (ARHIF). // Mais un an plus tard, fin 1998, l'ARHIF a retiré son soutien au projet et n'a pas tardé à réclamer une fermeture complète de l'hôpital. Une solution radicale que Bernard Kouchner, au printemps 1999, a décidé d'atténuer quelque peu en donnant son feu vert au transfert d'une partie des lits vers Necker. // Durant l'été, la direction de Pasteur a présenté un plan social prévoyant environ 80 suppressions de postes. "Nous avons mis en place une cellule de reclassement et essayé de trouver une solution pour chacun", explique aujourd'hui Jean-Paul George, directeur des ressources humaines, qui précise : "A ce jour, 22 personnes partent pour Necker, tandis qu'une trentaine d'autres restent dans le centre médical. Une vingtaine de salariés ont été reclassés à l'institut et une vingtaine d'autres sont partis en pré-retraite. Par ailleurs, un certain nombre de salariés n'ont pas accepté nos propositions de reclassement et ont préféré s'en aller. Au bout du compte, il n'y a finalement que 2 personnes pour lesquelles une solution reste encore à trouver." // Ces propos soulèvent une très vive indignation chez une bonne partie des salariés qui ont très mal vécu la fin de l'hôpital. "Un plan social n'est évidemment jamais agréable. Mais la direction s'est quand même distinguée par un manque total de générosité et de respect vis-à-vis de gens qui étaient là depuis de nombreuses années. Une pression terrible a été mise sur certains d'entre eux. On leur a fait peur, on les a maintenus dans l'ignorance pour les faire craquer et les inciter à partir. Il n'est pas exagéré de dire qu'une maltraitance psychologique a été exercée sur une partie du personnel " affirme Bernard Ragouin, kinésithérapeute et représentant du personnel. // Certains médecins, en particulier, n'ont toujours pas digéré les "propositions de reclassement "de la direction. Salariés avec un statut hospitalier, ces médecins se sont vu proposer, en tout et pour tout, deux vacations hebdomadaires d'une demi-journée rémunérées à l'acte. "Une proposition inacceptable et qui visait à pousser les gens dehors", juge le Dr Marie-Pierre Treilhou, qui ne cache pas sa tristesse et son amertume. Un sentiment partagé par le Dr Vincent Feuillie , qui estime "avoir été mené en bateau par des gens que je connaissais depuis plus de dix ans. // Plusieurs membres de l'équ (Ce sont des passages de l'article en question.), recto
    Un hôpital à la pointe du combat contre les maladies infectieuses. / L’Hôpital Pasteur aura donc vécu tout juste un siècle. C'est en effet le 1er juillet 1900 que se sont ouvertes les portes de cet établissement pas vraiment comme les autres. L'idée de cet hôpital avait germé quelques années plus tôt sous l'impulsion d'une riche donatrice, Mme Lebaudy. Grande admiratrice des travaux de Pasteur, elle lui avait proposé en 1895 de créer un hôpital consacré au traitement des maladies infectieuses et de la diphtérie. Mme Jules Lebaudy prendra finalement en charge l'acquisition du terrain ainsi que la construction et l'entretien de l'hôpital. En contrepartie elle exigera simplement le respect de son anonymat qui ne sera levé qu'à sa mort en 1917. // En 1900, le premier pavillon est construit, le second sera fini trois ans plus tard. Dès l'ouverture, l'hôpital met en place l'isolement individuel des malades. Un concept totalement nouveau pour l'époque. Jusque-là, en effet, les hôpitaux classiques soignaient les malades au sein d'une même pièce, ce qui entraînait de nombreuses complications et infections surajoutées. Sous la direction du Dr Louis Martin et du Dr Emile Roux, un règlement extrêmement rigide est mis en place. Tout malade arrivant à l'hôpital et reconnu contagieux passe par quatre chambres différentes durant son séjour à l'hôpital. Il laisse d'abord ses vêtements dans la chambre d'entrée pour revêtir ceux de l'hôpital. Il est ensuite soigné dans la chambre individuelle d'isolement. Ensuite, il partage une chambre de convalescence avec d'autres patients avant de passer par la chambre de sortie où il récupère ses vêtements qui ont été désinfectés.// Sans cornette / Des règles d'hygiène drastiques sont également imposées au personnel. Afin d'éviter au maximum la propagation des microbes, le Dr Martin demande même aux soeurs de Saint-Joseph de Cluny, qui travaillent comme infirmières, d'enlever leur cornette et de porter des manches courtes. Pour accéder à cette dernière demande, la mère générale doit en référer jusqu'au pape. "Chaque chambre était lavée du sol au plafond. Les matelas et les oreillers étaient mis dans une étuve. Le lit était désinfecté avec un jet de vapeur. Ce système a duré jusqu'au début des années soixante-dix, ajoute soeur Damien, qui a travaillé à l'hôpital de 1960 à 1997. / Ces différentes mesures combinées à l'isolement individuel montrent rapidement leur efficacité. En 1910, indique le Dr Martin, la contagion interne du service est tombée à 3 pour 1000 contre 3% dans les hôpitaux classiques. Le taux de mortalité par diphtérie a chuté en dessous de 7% alors qu'il dépasse 50% à l'hôpital des Enfants-Malades où l'on pratique l'isolement collectif des diphtériques. L'isolement individuel ne tardera pas à être adopté par tous les hôpitaux de maladies infectieuses. // De la diphtérie au SIDA/ Grâce aux liens avec les chercheurs de l'institut, l'hôpital a été le théâtre des nombreuses avancées contre les pathologies infectieuses et microbiennes. Il y eut d'abord les travaux menés sur la diphtérie, la maladie du sommeil, le traitement de la syphilis, le choléra, le typhus, la spirochétose ictéro-hémorragique. "C'est à l'hôpital que furent également menées les premières expérimentations des sulfamides, permettant de traiter des cas de méningite ainsi que l'expérimentation de nombreux vaccins, dont le BCG. C'est encore à l'hôpital que fut, pour la première fois en France, fabriquée et utilisée la pénicilline à partir d'une souche remise par Fleming à André Lwoff en 1936" rappelle la Lettre de l'Institut Pasteur de décembre 1992./ Ensuite, ce fut la grande aventure des antibiotiques puis, au milieu des années quatre-vingt, un nouveau tournant avec l'arrivée du SIDA. "Je me souviens que le premier malade est décédé en juillet 1984. Ensuite, ce furent des années très douloureuses. Tous ces jeunes qui s'en allaient, une hécatombe" dit soeur Damien, qui tient enfin à insister sur le fait que, tout au long du siècle, "l'hôpital aura toujours accueilli tous les patients qui souffraient sans s'occuper de leur race ou leur origine sociale » // Pierre Bienvault (Sur quatre colonnes, titres en gras), en bas

    Date

    VENDREDI 7 JANVIER 2000 (La date est mentionnée dans le coin supérieur droit du recto), dans un coin

    Numéro

    N°6618 (le numéro du journal est mentionné dans le coin supérieur droit.), en haut
  • Décor

    • malade, ignorance, article, hygiène, solidarité, manifestation, médias, histoire, fermeture hôpital, rentabilité, hôpital, indifférence
  • Matériaux et techniques

    • papier : impression, plié
  • Dimensions et poids

    • 29.9 cm x 42.2 cm x 10.1 grammes (l x L x p)
    • Pliure : 2.2 cm (h)
  • Provenance et historique

    Découverte - collecte

    campagne Sida

    Acquisition

    Acteur : Agnès Contat
  • Mots-clés

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