A Paris, Strasbourg, Toulouse, Marseille, Lyon, Lille, les raffles se multiplient dans les lieux de prostitution et de travail sexuel depuis que la droite est à nouveau au pouvoir. Parallèlement, des "riverains" mènent des actions spectaculaires contre les prostitué-e-s, les travailleuses et les travailleurs du sexe, et leurs clients. Pour le nouveau gouvernement, l'ennemi est clairement désigné : les prostitué-e-s sont un mal qu'il faut éradiquer. // Parmi nous, il y a des prostitué-e-s, des travailleuses et des travailleurs du sexe ; il y a des personnes qui travaillent quotidiennement dans le milieu de la prostitution pour assurer la prévention du VIH/sida, l'accès aux soins et aux droits des personnes. Nous sommes des transgenres, des travestis, des femmes et des hommes.Nous ne supportons plus ces discours et ces pratiques criminalisantes, qui mettent en danger les vies et les droits des personnes qui se prostituent. // Il faut cesser de confondre proxénétisme, traite des êtres humains d'une part et d'autre part la prostitution et le travail sexuel entre deux personnes majeures et consentantes. Ce n'est pas en s'attaquant aux prostitué-e-s ou à leurs clients qu'on luttera contre les trafics, bien au contraire. // Il faut cesser de criminaliser les prostitué-e-s. // La répression les précarise et les pousse à la clandestinité. Elle remet en cause les actions de prévention du VIH, des MST, du viol et des violences entre elles et eux. // Il faut au contraire donner des droits aux personnes qui se prostituent : un état civil aux transgenres, conformément à leur genre, et non à leur sexe de naissance ; des papiers pour ceux et celles qui n'en ont pas ; l'accès à la Couverture Maladie Universelle, à un revenu et à un logement. // Enfin, il faut accorder un statut social et/ou professionnel aux prostitué-e-s et aux travailleurs/travailleuses du sexe qui le demandent. (Entre les deux bandeaux à fond noir, en deux colonnes.)