La situation des malades dans le reste de l'Europe // Aujourd'hui, la totalité des pays membres de l'union Européenne continuent d'expulser les étrangers vivant avec le VIH/sida. Parmi ces pays, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne n'ont toujours pas de loi protégeant les étrangers atteints de pathologie, laissant ces personnes malades dans l'insécurité d'un dispositif discrétionnaire. (page 2)
Les recommandations ou mesures d'exception ne sont rien de plus qu'une loterie où se joue la survie de malades étrangers. Seules des lois peuvent protéger le droit à la santé. Ainsi qu'une volonté politique. // Pratiques meurtrières de l'Union Européenne et silence de l'OMS // [...] La répression contre l'immigration menée par les pays européens au sein même de leurs territoires respectifs est une catastrophe en terme de santé publique : c'est un des plus gros obstacles à la prévention et à l'accès aux soins des populations immigrées. il les éloigne des soins, les maintient hors de portée des messages de prévention, les expose à l'épidémie. Ce discours, l'OMS le connaît. Mais comme pour l'accès aux médicaments dans les pays du sud, cette structure n'a que faire de la santé si la santé ne s'accorde pas avec les exigences des Chefs d'Etat Européens.... Il aura fallu attendre une décision de la Cour européenne des droits de l'homme pour qu'un premier signe soit fait en direction des étrangers malades en situation irrégulière. (page 3)
Act Up-Paris exige de l'Union Européenne : // - l'inexpulsabilité de tous les étrangers atteints de pathologies graves présents sur le territoire européen ; // - l'accès aux soins et au séjour dans tout "l'espace Schengen" pour tous les étrangers atteints de pathologie grave ; // - la fin de toutes les mesures de harcèlement des étrangers, qui par ailleurs confortent l'amalgame entre immigrés et insécurité ; // - le transfert des budgets européens de lutte contre l'immigration sur la lutte contre le sida et l'accès aux traitements (page 3, en gras)
Le gouvernement espagnol a refusé d'accorder des visas à des membres d'association de lutte contre le sida venant de pays du sud pour la XIVème conférence internationale du sida. Cette situation était prévisible : elle est le résultat de la politique de la lutte contre l'immigration adoptée par l'Union Européenne. (page 1, en italique)
Le cas unique de la France / Suite à la pression des associations de lutte contre le sida, la France est devenue, en 1997, le seul pays d'Europe à disposer de lois permettant l'inexpulsion puis la régularisation des étrangers atteints de pathologie grave, notamment les étrangers vivant avec le VIH/sida". Système encore imparfait et nécessitant la vigilance constante des associations pour qu'il soit appliqué.... "Même si c'est beaucoup moins courant, les expulsions d'étrangers malades du sida et en situation irrégulière ont encore lieu en France. / Cependant, bien qu'extrêmement imparfaits et insuffisants, nous considérons ces quelques droits comme un service minimum à l'égard des étrangers gravement malades. / Ce système, par son existence en France depuis maintenant 4 ans, prouve qu'il est possible d'accueillir les malades étrangers dans les pays riches. (en gras). Quand ce système n'en était qu'à l'état de revendications, on taxait de naïveté les associations qui les défendaient. Aujourd'hui, nous pouvons tirer un premier bilan : les théories sur l'"aapel d'air" ou le gouffre financier que cela aurait pu entraîner sont des fantasmes. (pages 1 et 2)