Coupure de presse, Les étrangers touchés par le sida sortent de l'ombre.
Numéro d'inventaire : 2002.126.193Description
Création
Lieux :- Paris, Île-de-France, France
- France
Article paru le lendemain d’un rassemblement de migrants à la Fontaine des Innocents. Rassemblement au cous duquel a été brandie la pancarte 2002.95.1. Rassemblement qualifié comme première manifestation de ce genre, organisée pour sortir de l'ombre
Usage
Photo de Jerome Bonnet :deux africains malades dans une chambre d'hôpital
Description détaillée
Il s'agit d'une feuille de papier découpée dans une revue. Imprimée recto et verso, elle est paginée 19 et 20.
La page 19 comporte un article principal en partie centrale, avec une photographie noir et blanc en haut : deux hommes africains, dont l'un au premier plan pose sa tête sur sa main droite. Deux colonnes étroites entourent l'article : à gauche, des brèves, à droite le carnet de naissance et des publicités. La page 20 comporte la première partie d'un long article, avec le titre en larges caractères noirs en haut, une carte d'Asie du Sud-Est en haut au centre, et une interview insérée au centre de la moitié inférieure.Inscriptions
Date
SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 MAI 2002 (des deux faces), en hautAuteur
CHARLOTTE ROTMAN (à la fin de l'article page 19), en basSous-titre
Manifestation contre une maladie tabou chez les immigrés (sous-titre de l'article principal page 19), rectoNom
LIBERATION (des deux faces, nom de la revue), en basTitre
Les étrangers touchés par // le sida sortent de l'ombre (titre de l'article principal page 19), rectoTexte
Rassemblement samedi 25 mai à 15 heures, à la fontaine des Innocents, Paris 1er, métro Les Halles. site web :www.survivreausida.org (note en bas de l'article principal page 19), en basMadame K. savait qu'elle était malade quand elle a quitté l'Afrique, mais elle n'a rien dit à sa famille ici. Pendant un an, elle a caché à ses proches qu'elle avait le sida. Elle a inventé des prétextes pour se rendre à ses rendez-vous à l'hôpital. Elle n'a entamé aucune démarche de régularisation au titre de son état de santé, de peur que les sans-papiers de sa famille, présents en France depuis plus longtemps qu'elle, ne la questionnent. Et puis, au bout d'un an, les siens se sont doutés de quelque chose et l'ont obligée à se faire dépister. Quand ils ont connu le résultat, ils l'ont mise dehors. Du jour au lendemain. Ce samedi à 15 heures, Mme K. sera présente au rassemblement : "Familles maghrébines et africaines solidaires pour survivre au sida." la première manifestation de ce genre, organisée pour "sortir de l'ombre" par l'association Migrants contre le sida. // Le sida est encore très tabou dans les communautés africaine et maghrébine de France. Mélissa est arrivée à Paris il y a deux ans, après le décès de son mari au Zaïre. "En Afrique, le sida, c'est une histoire de honte. On est tout de suite répudiés par la société. J'ai une cousine qui en est morte. Jusqu'à la dernière minute, elle ne voulait pas reconnaître qu'elle avait le sida." // "Un visage et une voix". Mélissa a fait preuve elle aussi de "discrétion." Elle se fait suivre à l'hôpital saint-Antoine, à Paris, mais n'aime pas en parler. Noël Ahebla, lui, a voulu sortir du silence. Il a fondé en février 2001 African positive qu'il présente comme la première association où les Africains ne cachent plus leur séropositivité. "Les malades sont souvent isolés. On veut les encourager, les soutenir. Et aussi donner un visage et une voix à la maladie." Avec des médiateurs, il parcourt les marchés, les salons de coiffure africains, fait la sortie des métros, distribuant propspectus ou préservatifs. // En France, plus de 40% des malades du sida hétérosexuels sont d'origine étrangère (27% d'origine africaine). Les étrangers forment le gros bataillon des nouveaux cas déclarés, près de 30 %, alors qu'lls ne représentent que 6% de la population totale. De plus, la majorité des Africains ne connaissaient pas leur séropositivité au moment du diagnostic de la maladie. "C'est pourquoi on essaye au maximum d'inciter au dépistage" rapporte Noël Ahebla. "Chez les Maghrébins, il y a d'abord eu une vague de morts liée à l'arrivée de la came dans les cités", rappelle Reda Sadki, de Migrants contre le sida. "Mais une deuxième épidémie menace, prévient-il, touchant notamment les hommes mariés ayant des aventures homosexuelles, les femmes et les plus jeunes." // les familles immigrées ne se réfugient pas toutes dans le silence. "Elles ont aussi une responsabilité, un devoir de solidarité", estime Rada Sadki. Leila se démène depuis des années pour envoyer des médicaments à son neveu en Tunisie. "Au début, quand je venais en vacances l'été, on me disait :"il est déprimé", "il est malade". Puis, "il a un cancer de la peau" raconte cette Parisienne. Quand elle a découvert que son neveu avait le sida et qu'il avait du mal à se faire soigner, elle a promis de l'aider. "Certains ici m'ont dit que j'étais folle, que c'était un engagement à vie." Un temps elle s'est approvisionnée chez Aides, puis de piston en association, de médecin militant en pharmacien compréhensif, elle a organisé sa collecte médicamenteuse. Une fois les médicaments obtenus il reste à les acheminer : "Combien de fois sui-je allée à l'aéroport pour demander à des passagers de prendre avec eux ces médicaments..." se souvient Leila. // "Grand espoir" Migrants contre le sida reçoit de nombreux appels au secours, notamment dans le courrier des auditeurs de son émission de radio, sur Fréquence Paris Plurielle. Un parmi d'autres, la semaine dernière : "Je suis un jeune Algérien de 26 ans. Je suis aussi un gay. Je souhaite que vous m'aidiez ou m'indiquiez comment faire pour "immigrer". Sachez que j'habite en Algérie. J'ai un grand espoir en vous. A bientôt." "Dans ce cas là, je ne les encourage pas" commente Noël Ahebla. Mais tant que les traitements ne sont pas Son frère a été condamné à la double peine. En prison en France, il apprend qu'il est séropositif. Il est ensuite expulsé vers le Maroc. Karim lui rend visite et voit son état se dégrader au fil des lmois. Le frère est seul dans un village, car toute la famille est en France. "A un moment, il ne pouvait plus bouger, ni se nourrir, je suis parti m'occuper de lui." // Karim entame alors toutes les démarches pour ramener légalement son frère en France afin qu'il se fasse soigner. En vain. Pendant plusieurs mois, il reste auprès de lui. "Je ne pouvais pas partir sans lui : j'avais peur de ne plus le revoir." Il parvient finalement à le ramener clandetinement en France. "Là-bas, il n'avait aucun traitement. Ici, il a été hospitalisé plusieurs fois et son suivi médical est assuré." Aujourd'hui sa famille crai (texte de l'article principal page 19), rectoLégende
En France, plus de 40% des malades du sida hétérosexuels sont d'origine étrangère (27% d'origine africaine). (sous une photo de Jerome Bonnet :deux africains malades dans une chambre d'hôpital), rectoDécor
- honte, drogue, silence, prévention, dépistage, rassemblement, banlieue, médicament, double peine, association, exclusion, migrant, mort, solidarité, famille
Matériaux et techniques
- papier : impression
Dimensions et poids
- Largeur : 29 cm
- Longueur : 37.6 cm
- Poids : 4.5 grammes
Provenance et historique
Découverte - collecte
campagne SidaAcquisition
Date : 23/01/2002Acteur : Françoise Loux (Donateur)Mots-clés
Thématique
Dénomination
Sujet
Décor