couvre-lit, patania
Numéro d'inventaire : 2016.7.2Description
Création
De : Lieu : Krya Vrissi, Réthymnon, Crète, GrèceDate : 1926 - 1935Ce couvre-lit a été tissé par Elpiniki Petrakaki très probablement entre 1926, année de ses 15 ans quand elle a commencé à préparer sa dot, et 1935, année de son mariage. Il est certain qu'ils ont été tissés avant 1944, date de la destruction du village de Krya Vrissi par les Allemands, qui avaient autorisé les villageois à emporter quelques affaires précieuses, parmi lesquelles Elpiniki Petrakaki choisit de prendre son trousseau. La laine, le lin et, dans une moindre mesure, le coton utilisés dans les tissages de Crète étaient alors produits, récoltés et transformés, filés et teints par la famille elle-même. Les pièces étaient traditionnellement tissées par les jeunes filles dès l’âge de 15-16 ans sur le grand métier à tisser crétois pour constituer leur dot, qui comprenait de très nombreuses pièces tels des couvre-lits, des draps, des oreillers, des serviettes, des tabliers, des coussins, des sacs à dos, sacs de mariage, des rideaux… Le couvre-lit crétois est constitué de plusieurs bandes (généralement deux ou trois) tissées sur un métier de 70 cm de large, puis cousues les unes aux autres. La dimension relativement standardisée du métier à tisser traditionnel détermine ainsi la largeur des couvre-lits, qui avoisine toujours de très près 210 cm lorsqu'ils sont constitués de trois bandes. Ce couvre-lit est du genre appelé « sosouskouli », c’est-à-dire qu’il est entièrement couvert de motifs réalisés selon la technique du « kouskousé » (qui n’existe qu’en Crète) : avec une aiguille à tricoter, la tisseuse soulevait légèrement les fils de laine après le passage de la navette. Ainsi, le tissu semble couvert de granules qui feraient penser à ceux du couscous, d’où le nom de ce type de décor. Le décor de marguerites et de croix au centre de la pièce sont typiques de la région de Réthymnon.
Usage
Lieu : Krya Vrissi, Réthymnon, Crète, GrèceDate : 1935Dans les régions rurales crétoises, il n’existe pas de lits en boiserie fabriqués par des ébénistes, à la différence des coffres, des sièges, des vaisseliers et de certaines armoires. Le lit conjugal est constitué de deux trépieds (60 cm de haut sur 220 cm de long), sur lesquels on posait côte à côte des planches (230 cm de long). Sur ces planches reposait le sommier, constitué de draps de lin ou de coton rembourré avec de la laine. Par-dessus, on posait des draps (de lin ou de coton) et un couvre-lit, richement orné. En été, on disposait un couvre-lit léger en coton ou en lin, et l’hiver un autre en laine. Le couvre-lit était toujours plus large et plus long que le matelas, pour qu’il enveloppe totalement le matelas, pour une raison esthétique. En Crète, comme ailleurs en Grèce, les mères offraient une partie de la dot à leur fille ou à leur belle-fille.
Description détaillée
Couverture rectangulaire de laine rouge, verte et rose, faite de trois morceaux de 70 cm de large qui ont été cousus. Un cadre, appelé "guirlanda" en grec, longe les quatre côtés. Il est composé de motifs végétaux de rinceaux verts et de fleurs roses, réalisés selon la techique du "kouskousé". Il entoure un grand rectangle rouge plein de motifs géométriques au kouskousé alternant marguerites et croix treflées. Chaque largeur ou petit côté de la couverture est orné d'une frange alternant les trois mêmes couleurs.Décor
- Forme géométrique : croix trèflée, marguerite
- Végétal : rinceau, fleur
Matériaux et techniques
- laine : teint en fil, tissé
Dimensions et poids
- Largeur : 210 cm
- Longueur : 236 cm
Provenance et historique
Acquisition
Date : 25/03/2016Acteur : Richard Stéphant (Vendeur)Mots-clés
Thématique
Dénomination
Sujet
Utilisation
Décor
Nature