araire

Numéro d'inventaire : 1966.66.89

Description

  • Création

    De : Lieu : France - Auvergne - Cantal - La Trinitat

    les Fajoux

  • Usage

    Le labour est une des activités principales du travail du sol dont la plus courante est le défoncement, c?est à dire la phase de préparation de la terre avant l?ensemencement des céréales ou la plantation des plantes sarclées (betterave fourragère, chou navet et rutabaga, chou fourrager?). Il existe d?autres opérations de labours comme le défrichement quand une terre n?a jamais été cultivée ou était à l?état de prairie mais aussi celui qui recouvre la semence et encore les labours intermédiaires pour l?entretien et le nettoyage de la surface de terre cultivée. Parmi tous les instruments aratoires, on distingue ceux à bras, actionnés par la force humaine (houes, bêches et dérivés), de ceux actionnés par la force animale, l?araire et la charrue. Ces deux types étant eux-mêmes subdivisés en sous catégories. Le paramètre essentiel de distinction entre ces deux instruments est que l?araire rejette la terre de part et d?autre du sep (partie de l?instrument qui rentre dans la terre) alors que la charrue ne la rejette que d?un côté et la retourne grâce à un versoir. La fabrication des sillons n?est donc pas la même selon l?instrument utilisé. L?araire est l?instrument le plus ancien, dont les premiers témoignages remontent au IVe millénaire avant notre aire grâce à des gravures rupestres découvertes au Danemark, en Suède, en France (Mont-Bégo, près de Nice), en Italie. Si la charrue est connue depuis le Ie siècle av JC, sa diffusion en France devient plus importante à partir du Moyen-Age, du Midi vers le nord de la France. Globalement, on considère en France que la répartition de ces deux instruments s?effectue de la manière suivante : zone septentrionale pour la charrue et zone méridionale pour l?araire. Cependant, ce découpage est à nuancer car il arrive que les deux instruments soient utilisés successivement, par exemple d?abord la charrue pour le défoncement de la terre et le recouvrement des semences puis l?araire pour les labours intermédiaires. Les deux instruments sont d?ailleurs fréquemment complétés par le labour à bras. Néanmoins, l?araire ne peut effectuer un travail profond (15 à 20 cm) et la nature du sol joue par conséquent un rôle important dans le choix de l?araire, cantonnée aux terres pauvres (régions de montagne notamment). Les conditions climatiques sont aussi à prendre en compte, sols très humides au nord et secs au sud. En France, certaines régions conservent parfois l?usage de l?araire jusqu?au XXe siècle, et la charrue ne se répand réellement qu?à partir du XIXe siècle. L?araire présenté provient du Cantal (commune de La Trinitat, hameau des Fajoux) et a été collecté par le Musée en 1966 lors de la grande enquête sur l?Aubrac. Les Fajoux sont situés à 1245 m d?altitude et M. Laurent Girbal en était un des propriétaires-exploitants. Il était le fabricant et l?utilisateur de cet instrument, pour les labours préparatoires à l?ensemencement et le retournement des prairies. Le timon appelé aussi « chambige » est ici en deux parties, articulées grâce à un anneau. La partie coudée, à l?arrière, s?emboîte dans le « sep » partie en bois à l?intérieure de laquelle est placée la barre de fer terminée par une pointe (appelée « reille ») qui sert à ouvrir la raie dans le sol. La partie longiligne du timon était reliée grâce à des anneaux de cuir sous le joug tiré par une paire de b½ufs ou de vaches. L?araire était maintenue à l?arrière par le laboureur qui maintenait le mancheron dont la partie inférieure est encastrée dans la partie coudée du timon. Cet araire a été utilisé jusqu?en 1965, date de l?abandon de la culture des céréales aux Fajoux. Outre la France méridionale, ce type d?araire appelé « chambige » a connu une implantation dans une grande partie de l?Espagne, au nord de l?Allemagne, au nord de la Grèce, au sud et centre de la Bulgarie ainsi qu?au Liban.

  • Description détaillée

    Araire présentant un mancheron à l'ergot, des ailerons, un sac en bois, un fer à section carrée, des tendilles en fer forgé ainsi qu'un timon en deux parties, reliées par un anneau en fer.
  • Matériaux et techniques

    • hêtre : taillé, assemblage
    • fer : forgé
  • Dimensions et poids

    • Largeur : 53 cm
    • Longueur : 2,17 m
    • Épaisseur : 40 cm
    • Poids : 30,8 kg
  • Provenance et historique

    Découverte - collecte

    RCP Aubrac

    Acquisition

    Acteur : Corneille Jest

    Prêt

    Trésors du quotidien
    Date : 8 janvier 2008
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