blouson Coupe-vent 2006.8.3 Photo Mucem
blouson Coupe-vent 2006.8.3 Photo Mucem

blouson, Coupe-vent

Numéro d'inventaire : 2006.8.3

Description

  • Création

    De : 
  • Usage

    Date : 1980 - 2006
    Utilisateur : Sidney

    En 198I existaient de rares émissions de radio diffusant des musiques noires, dont celle de Sidney sur Radio7 ou de Dee Nasty sur RDH suivies par les passionnés de ces rythmes. Ces animateurs radio et discjockeys de discothèques seront les premiers à faire entendre du rap. On dit que Chabin est le premier à avoir fait entendre du rap en France, The Smurf, vinyle acheté par hasard aux USA. En 1982, se déroule la tournée organisée par Europe 1, avec Afrika Bambaata, Grandmixter DST and the Infinity Rappers, les graffeurs Dondi et Futura 2000, Fab5 Freddy, les danseurs du Rock Steady Crew. Tous ceux qui dansaient sur les rythmes funk et soul sont saisis par les quelques images de danse aperçues à la télévision. Les musiques noires avaient leurs adeptes, peu nombreux à la fin des années 70 - début des années 80. Elles ont été introduites en France par quelques disc jockey, comme Sidney, Chabin, Dee Nasty, Rebel, dans les discothèques de France. Partout en France, existaient des lieux privés et publics où les jeunes (entre 12 et 30 ans?) en soirée mais surtout les après-midi venaient danser sur des rythmes noirs, soul et funk. Ces jeunes adeptes étaient principalement issus de l?immigration ; les Blancs y étaient rares . Des discothèques ont joué un rôle essentiel dans ces regroupements passionnels dédiés à la fête du corps et du partage. Le rôle des discjockeys fut monumental pour faire connaître ces musiques et les sélectionner pour les danseurs. Dans ces lieux se sont constitués et soudés des groupes qui verront naître des générations de rappeurs, de danseurs, de deejays. Sidney, l'émission HIP HOP : issu d'une famille de musiciens originaires de Guadeloupe, il commence la scène à 14 ans avec un groupe Rn'B. Après un passage au conservatoire, il commence sa carrière de deejay à 19 ans, d'abord dans les petits cafés puis les discothèques. « J'étais collectionneur de disques de soul. J'en ai plus de 6000. Je suis devenu DJ parce que j'avais envie de faire partager ces valeurs de la musique. J'ai démarré dans un petit bar rue Custine, à Château Rouge, le Rocco Club. » La danse fait partie de la vie familiale ; son père, musicien de jazz, jouait la béguine : « On faisait des concours de danse. On aimait danser, faire des fêtes. On dansait le twist en avant garde, avant le twist de Johnny ! A la maison, il fallait danser, c'est inné? On n'a jamais pris de cours. » En 1976, il devient deejay dans une discothèque mythique L'Emeraude pendant 6-7 ans, « à écumer, jouer toutes les musiques noires, c'est à dire jouer à la fête, funk, salsa, début du reggae. Les gens venaient pour écouter ces musiques. » « Cette émission a pris de l'ampleur ! Au bout de la quatrième émission, ça a été... frrrr !!! Les gens dans la rue !!! La presse a investi le phénomène. L'émission a duré un an, après on a eu pas mal de pression de TF1 qui a changé nos horaires. Elle passait le dimanche après Starsky et Hutch, et elle a été déplacée le mercredi. Les jeunes commençaient à manquer l'école, ça a été repris par la presse. Suite à cela, j'ai pu voir au cours de mes tournées que les jeunes dansaient en France. Je n'avais plus besoin de donner des leçons. » La France est comme contaminée dira Gabin : « C'était une effervescence, tout le monde danse, tout le monde s'entraîne. C'est d'abord dans les cages d'escalier et puis les cartons dans la rue... » Farid : « On était payé pour danser, on avait des équipements, un patron de boîte nous avait acheté des K-Way et des Nike Air Colombus. » FrankIILouise : admirateur de Sidney et de son émission de musiques noires sur Radio7, il découvre la break dance à la télévision. Il commence à danser dans sa cité à St-Denis où Sidney le repère. « Je dansais, au milieu des places, sur un bout de linoléum. Tout le monde me prenait pour un extraterrestre. Je me jetais par terre. A l'époque, ça ne s'était jamais vu ! Sidney a fait mon éducation musicale : c'est ma terre promise. » Il participe à la brève et enthousiasmante période de l'émission HIP HOP et toutes ses conséquences médiatiques. La diffusion de la première émission donne lieu à un délire dans sa cité. Il devient une vedette, on lui demande des autographes. Il se voit dans les journaux. Il part en tournée avec les PCB dans les discothèques de France. Il passe de sa banlieue prolétaire au monde de la nuit avec ses vedettes. La fin de la médiatisation, le retour à l'underground. La fin de la médiatisation avec l'arrêt de l'émission sur TF1 début 85 sonne le glas du hip hop pour plusieurs années. Pour tous, la traversée du désert sera longue et difficile. Sidney : «Le fait d'arrêter ces émissions hip hop, les jeunes ont pensé que tout s'arrêtait, que c'était fini. La fin de l'émission a fait que les médias ont arrêté d'en parler. Les mairies ont arrêté de subventionner les petits groupes de jeunes. Ceux-ci se sont retrouvés un peu abandonnés et ils se sont dits que le hip hop était mort. Mais des groupes ont tenu le coup, n'ont jamais baissé les bras, comme Aktuel Force ; Dee Nasty non plus. »

  • Description détaillée

    Blouson de la marque Adidas bleu avec une bande textile ryé bleu blanc rouge sur les manches. Il es t doté d'une fermeture éclair et d'un bouton préssion au niveau du col. Il possède aussi une capuche qui peut se serrer à l'aide d'une cordelette blanche. Une poche avec fermeture éclair permet de ranger le blouson.
  • Matériaux et techniques

    • nylon : cousu
    • métal : moulé
  • Dimensions et poids

    • Largeur : 1.05 m
    • Longueur : 1.62 m
    • Épaisseur : 3.6 cm
    • Poids : 191 grammes
  • Provenance et historique

    Découverte - collecte

    campagne Graff

    Acquisition

    Date : 6 septembre 2006
    Acteur : Sidney (Vendeur)

    Prêt

    HIP HOP : un âge d’or 1970 - 1995
    Date : 13 mai 2017 - 14 janvier 2018
  • Mots-clés

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