Fonds Lunar
Numéro d'inventaire : 160P/1-160P/9Description
Création
De : Date : 1994Dimensions et poids
- Importance matérielle : 519
Provenance et historique
Acquisition
Source d'acquisition : Don (2022).Don (2022).Biographie/Histoire
Slaven Lunar Kosanovic est né en 1975 à Zagreb. Il y a vécu toute sa vie, il vit en couple sans enfants, son père était ingénieur en informatique pour Ibm et sa mère était professeur d'Allemand à la faculté de Zagreb. Il fait partie des groupes YCP (Young Croatian Posse), Black Out Crew (grou pe de hip hop), Hope box crew (Hollande), Gbf (Allemagne), Nws (Ostiek Croatie), Mca (Mad Croatian Alliance). Il peint sur à peu près tout ce qu'il trouve depuis son enfance, il utilise toutes les techniques de peintures : du pastel à l'acrylique en passant par la bombe de peinture. Il se souvient que sa mère avait mis un tableau dans sa chambre pour qu'il apprenne l'alphabet et il avait tout de suite transformé les lettres. Il faisait des bandes dessinées au primaire, il s'est servi d'une bombe pour la première fois en 1989 dans un terrain de basket.
A cette époque la scène était assez restreinte. Il peint le plus souvent sur des murs, mais il aime faire des toiles, il utilise toutes les surfaces, fait beaucoup de récupérations. Son appartement, qui lui sert d'atelier, déborde de cartons d'emballages, plaques de métal, bois, vitres, d'objets divers customisés avec des crayons, stylos, peintures ou autre. Il utilise à peu près tout ce qui peut laisser une marque. Il a commencé le graff avec 2fast, au début c'était 2fast qui traçait les graffs et il faisait les remplissages. Il a beaucoup appris de ce dernier et ensemble ils ont créé leur premier groupe. Il cite les films « Warriors » (de Walter Hill) et « Breakin' » (de Joe Siberg) dans ses premières influences.
Il a été à Berlin en 1991 où il y a vu les premiers graffitis de sa vie hormis ceux de Zagreb. Il dit que la première génération de graffeurs de Zagreb avait fait trop peu de graffitis et que ceux-ci étaient dans des endroits trop cachés pour qu'il ait pu les voir. En 1993, pendant la guerre, il y a eu une nouvelle vague de graffeurs. Il achetait ou volait ses bombes pour peindre, même s'il dit qu'en Croatie, c'était assez difficile de se procurer de la peinture aérosol, il cite une marque yougoslave (A utolack) comme étant les premières bombes qu'il utilisait. Il dit que la Yougoslavie avait un régime politique moins rigide que les autres pays de l'ancien bloc de l'Est, ce qui leur a permis d'avoir des influences étrangères et donc de commencer le graff en même temps qu'en Europe de l'Ouest.
Il cite Ren man (qui écrivait aussi Futura, comme Futura2000), Zula, Frogy comme dans les premiers à avoir peint dans la rue. Il dit que pour les jeux mondiaux universitaires de Zagreb (1987) les autorités avaient effacé tout ce qu'il y avait dans la rue. Il n'y a aucune publication à ce sujet. Il se souvient assez de tout ce qu'il y avait dans la rue. Il se souvient seulement de quatre ou cinq pièces qui ont survécu à ce nettoyage, mais il n'avait pas d'appareils photos pour les immortaliser. Ces pièces l'ont aussi beaucoup influencé. Il écrit le nom Lunar avant même de l'avoir fait dans l'espace public.
Ses influences sont multiples, il dit être inspiré par tout même de l'avoir fait dans l'espace public. Ses influences sont multiples, il dit être inspiré par tout ce qui l'entoure. Il dit avoir été influencé à ses débuts principalement par Spray Can Art d'Henry Chalfant et le mChalfant et le magasine On The Run (magazine allemand de Zebster). Une de ses premières sources est le magazine On The Run (magazine allemand de Zebster). Une de ses premières sources d'information pour le graffiti était le magazine allemand pour adolescents Bravo.
Il pense avoir peint plus de 2000 graffs, il dit que son style évolue perpétuellement, il pense que se que c'est quelque chose qui reflète sa personnalité. Il a eut plusieurs fois des problèmes avec la police c'est quelque chose qui reflète sa personnalité. Il a eu plusieurs fois des problèmes avec la police pour ses graffitis mais sans jamais de conséquences importantes. Il ne peint plus de trains depuis les années 2000, il veut éviter tout problème. En général il trouve des endroits légaux pour peindre ou au moins des lieux où ses peintures sont tolérées, acceptées. Il préfère peindre en groupe. Il a peint dans 30-40 pays sur tous les continents et a été exposé dans une vingtaine. Pour lui le graff est hobby comme un autre, il a fait de son hobby son métier. Il pense que la street credibility est quelque chose du monde l'adolescence, il n'y prête aucune attention.
Il parle d'une rivalité avec les autres pionniers de Zagreb : Fuk, Gene... Pendant la guerre, ils étaient une trentaine d'activistes, le boom du graff est apparut en 1996-1997. Il pense qu'il n' y a jamais eu autant de graffeurs qu'actuellement. Il dit être à l'origine des connections entre les graffeurs des Balkans, que la plupart des graffiti touristes venaient chez lui.
Il a voulu organiser une unité entre les différents peintres de l'ex-Yougoslavie. Très tôt, il s'est servi d'internet pour se connecter avec d'autres graffeurs. Pour lui, le street art est une invention des médias, il n'y voit pas vraiment de différence avec le graffiti, la principale différence tient à ses pratiquants, dans le street art il y a souvent une population éduquée qui a fait des études artistiques, ce qui n'est pas forcement le cas dans le graffiti.
Il se considère comme un artiste à part entière. Il peint avec absolument tout ce qui lui tombe sous la main. C'est un artiste professionnel depuis plus de 20 ans, avant ça, il était graphiste. Il fait tout main. Il fait tous types de créations sur tous médias. Il anime également une émission musicale de radio où il joue tous type de musique. Il a organisé beaucoup d'événements autour du graff et plus particulièrement des festivals, il aime faire partager son art et rencontrer ses protagonistes.
Le graffiti était pour lui une alternative pour un meilleur futur.un meilleur futur. Il mentionne les débuts du graffiti dans l'ex-Yougoslavie et pense que le graff est apparu en Serbie au milieu des années 1990, et fin 1990-début 2000 pour la Bosnie, la Slovénie et le Kosovo. La transmission est un aspect important de son travail, il fait de nombreux workshops. D'après lui les graffeurs sont souvent égoïstes et égocentriques, il a rapidement essayé d'agir différemment par exemple en encourageant et en aidant les plus jeunes, il a toujours essayé de penser aux autres, d'agir avec empathie. Avec son groupe Ycp, il réunit des peintres de toute l'ex-Yougoslavie c'est quelque chose qui lui tient à coeur.
Portée et contenu
On trouvera dans le fonds des photographies des réalisations de l'artiste, mais également des souvenirs papier des manifestations auxquelles il a participé ou organisé.