Fonds Pierre Etaix et Annie Fratellini
Numéro d'inventaire : 40P/1-40P/5Description
Création
De : Date : 1894Provenance et historique
Acquisition
Source d'acquisition : Don (1970).Don (1970).Biographie/Histoire
Pierre Etaix et Annie Fratellini
Pierre Étaix, né le 23 novembre 1928, est un réalisateur, acteur, clown, dessinateur, affichiste, dramaturge, magicien, cinéaste, musicien et gagman français, et construit sa carrière essentiellement autour du comique et des arts du cirque. Sa maîtrise de l'image, du son et du comique dans chacun de ses films, où les gags évoluent sans cesse, font de Pierre Étaix l'unique représentant du slapstick en France. Devant la raréfaction des artistes de cirque français, Pierre Étaix prend la décision de fonder l'École nationale de cirque en 1973, avec Annie Fratellini (qu'il a épousée en 1969) et se produit durant les tournées de leur propre cirque. Il prend alors le rôle du clown blanc avec elle, après avoir longtemps joué l'Auguste (Yoyo). Il meurt le 14 octobre 2016.
Annie Fratellini est née à Alger le 14 novembre 1932 de Victor Fratellini (1901-1978), clown et trapéziste alors en engagement dans cette ville, et de Suzanne Gervais (1913-1999). Par son père, elle est la petite-fille de Paul Fratellini et, par sa mère, de Gaston Rousseau, dernier directeur du « Cirque de Paris » qui se trouvait près des Invalides et fut détruit le 15 janvier 1932. Elle est la première femme à jouer l'auguste et une des rares à jouer du concertina. Elle commence sa carrière en 1948 au cirque Medrano où ses oncles lui apprennent la musique et l'acrobatie. Elle prend d'abord le chemin de la chanson, du jazz et du cinéma. En 1969, elle se marie en secondes noces avec Pierre Étaix qui, amoureux fou du cirque, lui permet de renouer avec son milieu d'origine. Ils forment ensemble un duo clownesque en 1971, lui en clown blanc, elle en auguste. Ils créent en 1974 l'École nationale du Cirque. Elle meurt le 1er juillet 1997.
Les Fratellini
À l'origine, les Fratellini étaient quatre frères : Louis (Florence, 1868-Varsovie, 1909) ; Paul (Catane, 1877-Le Perreux-sur-Marne, 1940) ; François (Paris, 1879-1951) et Albert (Moscou, 1885-Épinay, 1961).
À partir de 1894, les aînés travaillèrent ensemble : Louis comme clown et Paul comme auguste ; ils exécutaient ce que l'on appelle en terme de métier des « reprises », c'est-à-dire des intermèdes comiques entre les numéros. François, qui fut d'abord écuyer, avait monté avec Albert un numéro acrobatique burlesque en gentleman 1900. À la mort de Louis, Paul, François, Albert décidèrent de former un trio ; ils avaient tant de possibilités acrobatiques, équestres, musicales, de danse, de mime, etc. qu'ils trouvèrent rapidement leur voie.
On peut considérer que les Fratellini furent les premiers dans l'art clownesque à instaurer un trio parfaitement équilibré et harmonieux : François, le clown, était un artiste exceptionnel, d'une rare élégance, malicieux, farceur et d'une autorité non agressive ; il était le modèle du genre, il était la grâce. Paul créa, dans cet art difficile, une fonction nouvelle incarnée par un personnage nouveau : le contre-pitre ; auguste raffiné et sensible, il manifestait cependant une certaine exubérance et une verve tout italienne ; avec François il menait le jeu, traçant la structure et développant l'argument des « entrées » (on appelle « entrées » les comédies clownesques d'un abondant répertoire, par contraste avec les « numéros » de cirque définitivement et invariablement établis). Enfin Albert, l'auguste, cultivait avec bonheur une apparence outrancière pour mieux exprimer la profonde délicatesse de son jeu nuancé et subtil ; c'était un excellent mime.
On a dit des Fratellini qu'ils étaient auteurs des entrées qu'ils présentèrent dans le monde entier. En fait, ils s'inspirèrent d'un répertoire classique, proche de la Commedia dell'arte, dont on ignore les sources, mais ils donnèrent une telle originalité et un tel développement à leurs propres trouvailles que les arguments traditionnels prirent une tout autre dimension. En cela, il n'est pas abusif de les comparer aux grandes figures du cinéma comique qui, plus tard, puisèrent dans un fond commun des idées parfois précaires et dont leur génie inventif faisait une œuvre. Ils eurent néanmoins des détracteurs qui leur reprochèrent une abondance de moyens et une utilisation excessive de matériel hétéroclite dans leur travail. Mais c'est sans doute aussi de cet excès que se dégageait, outre un climat drolatique, un lyrisme certain.
La séduction des Fratellini opéra pendant de nombreuses années sur un large public ; ils donnèrent au cirque un rayonnement exceptionnel ; ainsi Jean Cocteau, Fernand Léger, Colette, Marcel Achard, Jacques Copeau et tant d'artistes, d'écrivains, de musiciens s'attachèrent à leur univers. On vint les voir à Médrano et au cirque d'Hiver à chaque programme, on leur rendit visite dans leur loge, on assista à leurs répétitions pendant dix-huit ans : de 1914 à 1932. Ils avaient fait école et l'on assista à l'éclosion de plusieurs trios, puisant à leur tour, par tradition, leur propre inspiration dans les trouvailles des Fratellini.Portée et contenu
Le fonds Etaix-Fratellini est un ensemble de documents qui retrace une partie de la vie personnelle et professionnelle de frères Fratellini. On y trouve notamment des programmations de cirques et de théâtres européens, voire même américains, des documents personnels (faire-parts, invitations) ainsi qu'une riche correspondance, preuve de la grande popularité des Fratellini dans le monde du cirque.
Documents associés
Collection : 70.49.
Informations sur les objets disponibles dans les minutes d'inventaire n°119 (p. 83 à p. 100) et n°120 (p.1 à p.8).