Dalila Mahdjoub sculpture Enchanteur Provence-Alpes-Côte d’Azur, France 2019 2019.11.1 Photo Mucem / Marianne Kuhn

sculpture, Enchanteur

Numéro d'inventaire : 2019.11.1

Description

  • Création

    De : 

    Artiste plasticienne vivant à Marseille, Dalila Mahdjoub a mené, sur plusieurs années, un important travail collaboratif aux côtés de Martine Derain et a été régulièrement exposée à La Compagnie (association de soutien à la création plastique et lieu d'exposition, quartier Belsunce, Marseille). Dans ses travaux réalisés au cours des années 2010, D. Mahdjoub saisit l'histoire de l'immigration et de la colonisation à partir de son histoire familiale, celle de son père, qui fut ouvrier chez Peugeot, et de sa mère, tous deux arrivés d'Algérie en 1967. Ses oeuvres (arts graphiques, créations audiovisuelles, installations, oeuvres en trois dimensions) s'emparent de ses archives familiales (photographies, documents administratifs) afin d'interroger l'anonymat et le silence des migrants.

    Lieu : Marseille, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d’Azur, FranceDate : 2019

    L'oeuvre intitulée "Enchanteur" a été produite par le Mucem dans le cadre de la troisième édition du cycle "Algérie-France. La voix des objets" (4-11 mars 2019). A la demande du musée, l'artiste est intervenue de novembre 2018 à février 2019 au sein d'une classe d'élèves de quatrième du collègue Longchamp (13004, Marseille) afin de produire une oeuvre collective destinée à être exposée dans la vitrine du forum (niveau -1, J4), en lien avec la thématique choisie par les commissaires: "Algérie vécue, Algérie rêvée: regards en miroir". De ce pluriel qui soulevait la question d'une possible histoire commune partagée et apaisée, mais aussi de la confrontation de différents récits de la colonisation en Algérie, l'artiste a naturellement été amenée à interroger l'enseignement de l'histoire de la colonisation en milieu scolaire. Par le biais d'une rencontre visuelle avec les collections du Mucem choisies pour l'exposition, puis de conversations mises en scène, animées et enregistrées avec la classe et l'équipe enseignante, des témoignages intimes ont émergé et ont parfois perturbé le propos éducatif dispensé en cours d'histoire-géographie. "Enchanteur" incarne ce manque d'inclusion du social et de l'ordinaire, et donc des élèves en tant qu'acteurs critiques de leur rapport au monde, dans l'enseignement républicain de l'histoire aujourd'hui en France. L'oeuvre pointe aussi le silence, l'oubli mais aussi les biais apposés par l'enseignement sur un passé complexe et toujours sensible aujourd'hui.

  • Usage

    Lieu : Marseille , Bouches-du-Rhône , Provence-Alpes-Côte d’Azur , France Date : 2019
    Utilisateur : Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée

    L'oeuvre intitulée "Enchanteur" a été exposée au Mucem dans le cadre de la troisième édition du cycle "Algérie-France. La voix des objets" (4-11 mars 2019).

  • Description détaillée

    Sculpture rectangulaire en béton brut gris réalisé par coffrage. Au recto, en bas, est profondément gravé en majuscules le mot "Roman national enchanteur". Au verso, un texte sérigraphié en noir [citation de Peau noire, masques blancs, Frantz Fanon, 1962] est reproduit à l'envers, de bas en haut et de la gauche vers la droite, au registre supérieur. Le texte est agencé en deux paragraphes, de manière à dessiner le symbole mathématique égal (=).
  • Inscriptions

    Titre

    ROMAN NATIONAL ENCHANTEUR (gravé en majuscules), recto en bas

    Citation

    Si celui qui s'adresse en petit-nègre à un homme de couleur // ou à un Arabe ne reconnaît pas dans ce comportement une // tare, un vice, c'est qu'il n'a jamais réfléchi. Personnellement, il // nous arrive, en interrogeant certains malades, de sentir à quel // moment nous glissons... En face de cette vieille paysanne de // soixante treize ans, débile mentale, en plein processus // démentiel, je sens tout à coup s'effondrer les antennes avec // lesquelles je touche et par lesquelles je suis touché. // le fait pour moi d'adopter un langage approprié à la démence, à la débilité mentale ; le fait de me "pencher" // sur cette pauvre vieille de soixante treize ans ; le fait pour moi // d'aller à elle, à la recherche d'un diagnostic, est le stigmate // d'un fléchissement dans mes relations humaines. // Extrait de "Peau noire, masques blancs", Frantz FANON, 1952 (La citation est sérigraphiée en miroir du titre présent au recto. Elle est donc à l'envers par rapport au sens de lecture.), verso en bas
  • Matériaux et techniques

    • béton : moulé, gravé, sérigraphie
    • papier, papier cartonné : imprimé
  • Dimensions et poids

    • Hauteur : 34 cm
    • Largeur : 26 cm
    • Épaisseur : 6 cm
    • Poids : 9,57 kg
  • Provenance et historique

    Acquisition

    Date : 27/09/2019
    Acteur : Dalila Mahdjoub (Vendeur)
  • Mots-clés

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