sifflet roussignou 1975.74.97 Photo

sifflet, flûte à conduit d'air aménagé de forme tubulaire, jouet, roussignou, darnaga, taraïette, taraillette

Numéro d'inventaire : 1975.74.97

Description

  • Création

    De : Lieu : France - Provence-Alpes-Côte d'Azur - Bouches-du-Rhône - Aubagne

    Nom du facteur : attribué à la fabrique Massuco. La foire aux aulx et aux taraïettes créée au milieu du 15e siècle est la plus ancienne foire de Marseille, initiée sous le règne du Roi René. Dite d’abord foire de la Saint Jean, elle se déroulait de la mi-juin à la mi-juillet. Elle fut d’abord consacrée à la vente des herbes de la saint Jean : outre l’ail pendu en longs chapelets, on y vendait de l’oignon, du thym, du romarin, de la sarriette et du basilic. Ce n’est que dans les années 1860, qu’apparurent des poteries utilitaires ainsi que des taraïettes ou taraillettes, leurs reproductions en miniature à destination des enfants. Frédéric Mistral, dans le Grand Trésor du Félibrige, donne une définition de la tarraieto : petite poterie, petite pièce de vaisselle pour amuser les enfants. Le terme « taraïette », que l'on peut écrire aussi teraïette ou terraillette, est le diminutif de teiraio, qui désigne un pot en terre utilisé en particulier pour la cuisine. Selon Robert Bouvier dans son ouvrage « Le parler marseillais », ce terme de taraïettes provient d’un nom féminin provençal francisé terràio qui désigne la poterie ou la vaisselle en terre. Le terme est entré dans le langage courant en Provence où il n’est pas rare d’entendre cette injonction lancée aux enfants : « Range tes taraïettes » signifiant « Range tes affaires ». On peut toujours voir sur les étals de ces foires des petites jarres, cruches, daubières, poêlons et autres vire-omelettes, mais aussi des tirelires en forme d’animaux ou des sifflets à eau. Fabriquées principalement par les santonniers aubagnais, mais aussi à Vallauris, Saint-Quentin-la-Poterie, Dieulefit ou Poët-Laval dans la Drôme provençale, ces modèles réduits reproduisent les poteries glaçurées provençales. La taraïette favorite des enfants est le sifflet en terre cuite vernissée ou roussignou. C’est le fameux sifflet à eau, en forme de cruche, et qui imite le chant du rossignol. Aussi cadeau de fiançailles, on retrouve ce sifflet dans d’autres régions françaises, comme en Alsace avec le wasserpfiffle. Les taraïettes sont vendues soit à l’unité, soit reliées les unes aux autres par une cordelette comme les tresses d’ail. Les enfants les achetaient pour un sou comme s’ils achetaient un bonbon, une douceur mais les adultes aussi et il n’est pas rare qu’une tresse de taraïettes décore l’intérieur d’une cuisine provençale, comme un attachement au terroir. On trouve en effet ce genre de dînettes en terre cuite vernissée dans des provinces françaises à forte identité régionale : le ménageon savoyard ou la spielgeschirr alsacienne. Des exemplaires plus anciens, imitant la poterie parisienne en usage à la fin du 16e et au début du 17e siècle, ont même été retrouvés au cours de la démolition au milieu du 19e siècle de certains ponts dangereux de Paris qui nécessita le dragage de la Seine.

  • Usage

    Le rôle ludique du sifflet, lié au symbolique, est mis en évidence avec les taraïettes provençales. Pour le poère Frédéric Mistral, c'est, avec le santon, un des éléments essentiels du patrimoine régional. Le taraieto écrit-il, es tune petite poterie pour amuser les enfants. Diminutif de tartaïo qui désigne les pots domestiques en terre cuite vernissée, la taraÏette est en effet en Provence, une terre cuite miniature servant dans la dînette des enfants. Vendues à la foire de la Saint-Jean à Marseille, les taraïettes étaient fabriquées à Aubagne et à Vallauris, centres bien connus pour leur poterie. Chacune porte un nom partoculier selon sa forme ou son usage traditionnel. Parmi elles, lou roussignou est un gargoulette, soit une cruche, munie d'un système de sifflet. Lorsqu'on souffle, les tourbillons de l'air dans l'eau imitent à merveille le chant des rossignols.

  • Description détaillée

    Sifflet à eau probablement représentant une cruche vernie vert sauf le socle, avec anse supérieure. Le système d'insufflation (conduit d'air aménagé) se trouve sur un bec (comme le bec verseur d'une cruche). (type organologique, d'après la classification descriptive établie pour la collection ATP : n°432) / La partie sifflante de l'objet forme une petite flûte tubulaire insérée en biais dans la panse de cette petite cruche sur piédouche. La fenêtre s'ouvre sur le dessus. L'autre moitié du tuyau plonge à l'intérieur du récipient. La cruche de forme balustre possède une grande anse supérieure en panier à bourrelet central orientée dans l'axe de la partie sifflante. Le col de la cruche est évasé. Le corps de la cruche est tourné, le sifflet est modelé tandis que l'anse est réalisée au "tire anse" en terre marron. La cruche (sauf le bas du piédouche), l'anse et la partie du sifflet proche de l'insertion dans la cruche sont couverts d'engobe blanc puis vernissés en vert clair moucheté vert foncé. La glaçure ne couvre pas le piédouche laissant l'engobe blanc apparent. L'avant du sifflet non engobé est aussi vernissé donnant une couleur marron foncé moucheté de vert.
  • Matériaux et techniques

    • glaçuré, vert
    • terre cuite : coloré, tourné, émaillé-glacuré transparent, modelé
  • Dimensions et poids

    • Hauteur : 7,19 cm
    • Largeur : 4,08 cm
    • Profondeur : 6,49 cm
    • Poids : 50,5 grammes
  • Provenance et historique

    Découverte - collecte

    Date : 1975
    Collecteur : Jean Nicourt

    Acquisition

    Acteur : R Hommel
  • Mots-clés

Sur le même thème

Une question ? Une suggestion ? Une demande ?