tirage photographique, Moulin Rouge de la série "Urban Shadows"
Numéro d'inventaire : 2010.13.2Description
Création
De : Lieu : Paris, Île-de-France, FranceDate : 2000Année du tirage : 2006. Sur le processus créatif, voir l'interview de l'artiste (onglet notes de la fiche "personne" ZEVS).
Usage
Zevs : son nom vient d'un RER qui a failli l'écraser. Il se définit comme artiste visuel. Tagueur à l?âge de 12 ans, plus tard, il a étudié les arts du théâtre, a été comédien, et puis est revenu à la peinture. Il a été influencé par Keith Harring et Jean-Michel Basquiat, et par le graff américain par l?intermédiaire de livres et de films comme Style Wars, Spray Can Art, Subway Art. Il a cherché à aller vers des styles nouveaux, ne pas forcement suivre l'exemple du graff américain. Ainsi, il a peint des nuages avec un éclair dont il dit que c?est une inspiration des logos d'entreprises, ??manière très claire, souvent, plus lisible que les tags eux- mêmes??. Il a peint des toiles mais ??le châssis, la toile, c'était déjà un investissement, donc d'aller peindre sur des murs, dans des terrains vagues ou sur la voie ferrée, il n'y avait pas le coût du support, il y avait juste les achats de bombes à faire. Et puis il y a vite eu quelque chose dont je me suis rendu compte, c'est que j'aimais bien travailler en extérieur, sans forcement me retrouver avec ces limites du châssis et plus dans un élan comme ça??. Il retourne donc vers la rue. Il observe que les services de nettoyage n'effaçaient pas les tags au dessus de 2m20. Il se met alors à les surligner puis il s?intéresse aux ombres. Il peint donc le contour des ombres. Il utilise comme les graffeurs une peinture en bombe, métallisée, chrome, couleur qui renvoie bien la lumière. ??Comme c'est une couleur qui est très belle sur l'instant, au moment de la photographie, j'arrive à capter la brillance du chrome, le renvoi de la lumière autour de l'ombre. Mais au bout de quelques jours quand même, l'effet s'estompe considérablement, ça devient moins beau et du coup j'ai eu l'idée d'utiliser les peintures routières, utilisées par les ouvriers pour marquer les traces au sol, créer la signalétique sur la route.?? Peindre des ombres se situe pour lui dans le prolongement du graffiti par la démarche spontanée et illégale, démarche qui lui occasionné quelques ennuis avec la police, ce qu?il avait connu auparavant avec le graff. Les ombres au sol sont liées pour lui à des scènes des films policiers américains ; la trace blanche, faite à la craie, autour du corps mort sur le sol, pour en conserver la trace après son déplacement. ??Et encore aujourd'hui, je me laisse inspirer par des films noirs, des films policiers, des romans aussi, des faits divers, la ville la nuit.?? Il a peint des ombres surtout à Paris mais aussi dans d?autres villes de France ainsi qu?à Londres, à Berlin, New York. Il se plaisait à partir le soir, à la recherche de nouvelles formes dans la ville pour peindre les contours d'ombres et de terminer ses sessions ??à la belle heure, l'heure bleue, l'heure à laquelle les réverbères s'éteignent et puis avant de s'éteindre, la lumière du jour arrive quand même... il y a cette montée comme ça de la lumière du jour, cette persistance des lumières artificielles de la nuit, et là, il y a toujours un temps un peu... un temps qui est bien sûr bien connu des cinéastes, cette heure bleue, mais c'est aussi celle à laquelle j'essayais de prendre en photo mes peintures.?? Aujourd?hui, il ne fait plus de captation d?ombres. A la recherche d?autres styles d?interventions il réalise des Visual Kidnappings. C?est un projet débuté à Berlin le 2 avril 2002, qui a été conclu à Paris au Palais de Tokyo le 2 avril 2005. Son idée consistait en ??attaques visuelles?? sur des publicités : ouvrir les vitrines derrière lesquelles sont les affiches (il s?était procuré une clé), ??tuer?? l?image commerciale en posant une grande coulée de peinture rouge à la bombe aérosol, réalisé un cliché photographique. Pour renforcer son idée, il a découpé des morceaux de corps photographiés des publicités et demandé une rançon à la compagnie ou et de les poser dans des expositions. Un film a été présenté sur ce sujet au Palais de Tokyo. Il a également fait des arcs en ciel. Pour ce faire, il a mis au point une machine permettant d'actionner six bombes de peintures en même temps. Il réalise aussi des graffitis invisibles le jour avec des peintures qui n'apparaissent que sous l'effet de la lumière noire, donc c'est la lumière violette la nuit au moment de l'arrivée de l'allumage de la lumière électrique. Son travail dans l'espace public se poursuit, d'une manière anonyme, derrière un personnage donc qui est Zevs, avec le chapeau, le costume, le bas, personnage qui agit dans des performances. Pour lui, il s?agit d?un jeu avec les super-héros américains. / Interview de l'artiste le 8 décembre 2008 par Sophie Valliergue, étudiante en master 2 à l?école du Louvre : Les choix des objets dont les ombres sont capturées se fait ?? sur des paramètres comme position de l'objet, forme de l'objet, position du lampadaire, donc de l'éclairage, et puis voilà comme pour le Moulin Rouge, il y a toujours le cadre aussi, avec des symboles qui peuvent apparaître. De toute façon j'avais déjà commencé à prendre en photographie mes peintures, ces ombres, c'est vraiment ce travail des ombres qui m'a donné l'envie de m'intéresser aux techniques de photographie, qui m'a amené à devenir photographe en fait, à comprendre comment réussir des photographies la nuit, en pose lente, pour essayer de réussir à capter mes peintures, donc l'ombre et la lumière, réussir à capter cette effet optique que crée le trait blanc autour de l'ombre et donc qui la densifie au point que on peut avoir l?illusion qu
Description détaillée
Photographies couleur contre-collée sur aluminium / Grande photographie imprimée sur une plaque rectangulaire en aluminium, présentant une vue nocturne prise d'un coin de rue à Paris, montrant, au second plan, le Moulin Rouge, un fast-food Quick et une boulangerie. La plaque est fixée sur un cadre en aluminium, plus petit.Inscriptions
Titre
ZEVS / URBAN SHADOWS / Moulin Rouge, Paris, 2000 / Année 2006 / Edition 3/5 / Dimensions 100x66,5 cm / Technique photographie contre-collée sur aluminium / Galerie Patricia Dorfmann, ParisSignature, manuscrite
ZEVS 3/5 2006, dosMatériaux et techniques
- aluminium : photographie, contre-collé, couleur
Dimensions et poids
- Hauteur : 1 m
- Largeur : 2,5 cm
- Longueur : 66 cm
- Poids : 3,15 kg
Provenance et historique
Découverte - collecte
campagne GraffAcquisition
Acteur : Galerie Patricia DorfmannPrêt
Faire le Mur
Date : 12 octobre 2011Bibliographie
- [Catalogue] 2006. Catalogue de l'exposition de la galerie Patricia Dorfmann.
- [Livre] Bernos, Pome. 2004. Chroniques d'un pigeon parisien. 42 p. (Cote bibliothèque Mucem : C 4735)
- [Catalogue] Lykkeberg, Toke. 2008. Electroshock : Zevs.
Autres associations
- NotesEdition 3/5
- Notes
Mots-clés
Thématique
Dénomination
Sujet
Nature