

Le MuMA – Musée de Mayotte - présente au Mucem – Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée - l’exposition « Mayotte Maore, la rencontre des mondes », consacrée à l’archéologie, à l’histoire, aux cultures traditionnelles et aux expressions contemporaines de Mayotte, territoire de l’océan Indien situé au contact, depuis plus d’un millénaire, des cultures austronésienne, malgache, swahilie, arabo-persane et européenne.
Pensée comme un parcours à la fois scientifique et sensible, l’exposition interroge les notions de transmission, de métissage et d’identité dans un territoire marqué par les migrations, les échanges et parfois les conflits.
La « rencontre des mondes » n’est jamais un simple croisement. Elle engage un déplacement : elle invite à revisiter nos opinions, à questionner nos certitudes, à modifier notre regard sur les autres comme sur nous-mêmes. Elle nous transforme. C’est précisément ce processus que l’exposition donne à voir.
Sans folklorisation ni nostalgie, elle propose une approche sensible d’une île traversée par des flux et des reflux permanents. Immersions et submersions disent ici une insularité façonnée par le mouvement, où les flots, tour à tour, dévastent et construisent. Vague après vague.
Les œuvres-phares
Plus de 100 objets – témoins de la nature, de l’archéologie, de l’histoire, de l’ethnologie, des pratiques artistiques – donnent à l’exposition une ampleur exceptionnelle.
Pour témoigner de la puissance et de la richesse du patrimoine naturel :
– des fragments de lave du volcan sous-marin invisible Fani Maore, qui a ébranlé l’archipel et ses habitants depuis 2018 ;
– un squelette de cachalot juvénile de plus de 9 mètres de long ;
– des coraux et une multitude de coquillages, dont certains encore inconnus.Pour dire le passé prestigieux de l’archipel :
– des témoins archéologiques, parmi lesquels des éclats issus du travail du cristal de roche de Madagascar, destiné aux prestigieux ateliers fatimides du Caire ;
– des céramiques ornées provenant d’Orient.Pour penser une société où la femme occupe une place centrale — pilier du foyer, maîtresse de maison, activiste et militante de la cohérence du lien social et des pratiques communautaires, politiques et festives :
– un riche ensemble de bijoux et de parures, anciennes et contemporaines ;
– des habits de la vie quotidienne comme des grandes festivités.Pour éclairer les pratiques cérémonielles laïques et religieuses :
– des costumes de cérémonie ou d’apparat.
Pour évoquer le syncrétisme magico-religieux :
– le Hirisi, modeste rouleau porté à même la peau, sur lequel sont inscrits des versets du Coran et des expressions religieuses, porte-bonheur et protection ;
– les bao, tablettes en bois sur lesquelles les enfants s’exercent à la graphie arabe en copiant des versets destinés à l’apprentissage de la psalmodiation à l’école coranique, lieu majeur de la socialisation.Enfin, le tableau de Didier Valhere, La rencontre des mondes, synthétise la richesse sociale et culturelle de Mayotte, vue par un artiste contemporain, à la fois témoin et passeur.
Le patrimoine immatériel au cœur du projet
Pour s’immerger dans la poésie soufie, forme de l’islam spirituel des confréries qui fait le cœur battant de la vie ensemble, un film réalisé par le MuMA met en lumière, au centre de l’exposition, les pratiques artistiques musicales et chorégraphiques « grandeur nature ». Cette immersion insuffle toute la visite, et donne toute la dimension du musée de Mayotte : collecter et transmettre l’immatériel de la société mahoraise, infinie élégance de voies et de voix des rencontres.
Véritable colonne vertébrale de l’exposition, ce film immersif donne accès à ce qui ne se montre pas dans les vitrines : les langues (shimaore, kibushi), les pratiques musicales et chorégraphiques, les rituels, les savoir-faire et les formes de sociabilité.
Conçu comme une expérience audiovisuelle, ce film donne la parole aux habitants et rend compte de la richesse du patrimoine culturel immatériel de Mayotte dont plusieurs aspects sont classés au Patrimoine immatériel national, transmis par la parole, le geste et la pratique collective. Il relie les différentes sections de l’exposition et éclaire les objets, œuvres et documents présentés.
Une exposition qui s’inscrit dans le projet du Mucem
Conçue par le MuMa en collaboration avec des chercheurs, des artistes et des acteurs culturels, l’exposition s’inscrit pleinement dans la mission du Mucem d’explorer les civilisations et leurs relations au monde. Elle propose un regard renouvelé sur Mayotte, loin des représentations simplificatrices, en affirmant sa place comme territoire de culture, de création et de pensée.
Ce projet est également le fruit d’une co-construction étroite avec la diaspora mahoraise, et tout particulièrement avec la communauté installée à Marseille, la plus importante de France métropolitaine. Les objets présentés en sont les témoins sensibles : porteurs de mémoire, ils incarnent les liens vivants que ces femmes et ces hommes entretiennent avec leur île d’origine, entre héritage, transmission et réinvention.
Commissariat
Abdoul-Karime Ben Saïd, directeur du MuMA (musée de Mayotte)
Michel Colardelle, conservateur général du patrimoine, président du conseil scientifique du MuMA
Colette Foissey, conservatrice en chef du patrimoine émérite, chargée de mission au MuMA
Le MuMA – Musée de Mayotte - présente au Mucem – Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée - l’exposition « Mayotte Maore, la rencontre des mondes », consacrée à l’archéologie, à l’histoire, aux cultures traditionnelles et aux expressions contemporaines de Mayotte, territoire de l’océan Indien situé au contact, depuis plus d’un millénaire, des cultures austronésienne, malgache, swahilie, arabo-persane et européenne.

Pensée comme un parcours à la fois scientifique et sensible, l’exposition interroge les notions de transmission, de métissage et d’identité dans un territoire marqué par les migrations, les échanges et parfois les conflits.
La « rencontre des mondes » n’est jamais un simple croisement. Elle engage un déplacement : elle invite à revisiter nos opinions, à questionner nos certitudes, à modifier notre regard sur les autres comme sur nous-mêmes. Elle nous transforme. C’est précisément ce processus que l’exposition donne à voir.
Sans folklorisation ni nostalgie, elle propose une approche sensible d’une île traversée par des flux et des reflux permanents. Immersions et submersions disent ici une insularité façonnée par le mouvement, où les flots, tour à tour, dévastent et construisent. Vague après vague.
Les œuvres-phares
Plus de 100 objets – témoins de la nature, de l’archéologie, de l’histoire, de l’ethnologie, des pratiques artistiques – donnent à l’exposition une ampleur exceptionnelle.
Pour témoigner de la puissance et de la richesse du patrimoine naturel :
– des fragments de lave du volcan sous-marin invisible Fani Maore, qui a ébranlé l’archipel et ses habitants depuis 2018 ;
– un squelette de cachalot juvénile de plus de 9 mètres de long ;
– des coraux et une multitude de coquillages, dont certains encore inconnus.Pour dire le passé prestigieux de l’archipel :
– des témoins archéologiques, parmi lesquels des éclats issus du travail du cristal de roche de Madagascar, destiné aux prestigieux ateliers fatimides du Caire ;
– des céramiques ornées provenant d’Orient.Pour penser une société où la femme occupe une place centrale — pilier du foyer, maîtresse de maison, activiste et militante de la cohérence du lien social et des pratiques communautaires, politiques et festives :
– un riche ensemble de bijoux et de parures, anciennes et contemporaines ;
– des habits de la vie quotidienne comme des grandes festivités.Pour éclairer les pratiques cérémonielles laïques et religieuses :
– des costumes de cérémonie ou d’apparat.
Pour évoquer le syncrétisme magico-religieux :
– le Hirisi, modeste rouleau porté à même la peau, sur lequel sont inscrits des versets du Coran et des expressions religieuses, porte-bonheur et protection ;
– les bao, tablettes en bois sur lesquelles les enfants s’exercent à la graphie arabe en copiant des versets destinés à l’apprentissage de la psalmodiation à l’école coranique, lieu majeur de la socialisation.Enfin, le tableau de Didier Valhere, La rencontre des mondes, synthétise la richesse sociale et culturelle de Mayotte, vue par un artiste contemporain, à la fois témoin et passeur.
Le patrimoine immatériel au cœur du projet
Pour s’immerger dans la poésie soufie, forme de l’islam spirituel des confréries qui fait le cœur battant de la vie ensemble, un film réalisé par le MuMA met en lumière, au centre de l’exposition, les pratiques artistiques musicales et chorégraphiques « grandeur nature ». Cette immersion insuffle toute la visite, et donne toute la dimension du musée de Mayotte : collecter et transmettre l’immatériel de la société mahoraise, infinie élégance de voies et de voix des rencontres.
Véritable colonne vertébrale de l’exposition, ce film immersif donne accès à ce qui ne se montre pas dans les vitrines : les langues (shimaore, kibushi), les pratiques musicales et chorégraphiques, les rituels, les savoir-faire et les formes de sociabilité.
Conçu comme une expérience audiovisuelle, ce film donne la parole aux habitants et rend compte de la richesse du patrimoine culturel immatériel de Mayotte dont plusieurs aspects sont classés au Patrimoine immatériel national, transmis par la parole, le geste et la pratique collective. Il relie les différentes sections de l’exposition et éclaire les objets, œuvres et documents présentés.
Une exposition qui s’inscrit dans le projet du Mucem
Conçue par le MuMa en collaboration avec des chercheurs, des artistes et des acteurs culturels, l’exposition s’inscrit pleinement dans la mission du Mucem d’explorer les civilisations et leurs relations au monde. Elle propose un regard renouvelé sur Mayotte, loin des représentations simplificatrices, en affirmant sa place comme territoire de culture, de création et de pensée.
Ce projet est également le fruit d’une co-construction étroite avec la diaspora mahoraise, et tout particulièrement avec la communauté installée à Marseille, la plus importante de France métropolitaine. Les objets présentés en sont les témoins sensibles : porteurs de mémoire, ils incarnent les liens vivants que ces femmes et ces hommes entretiennent avec leur île d’origine, entre héritage, transmission et réinvention.
Commissariat
Abdoul-Karime Ben Saïd, directeur du MuMA (musée de Mayotte)
Michel Colardelle, conservateur général du patrimoine, président du conseil scientifique du MuMA
Colette Foissey, conservatrice en chef du patrimoine émérite, chargée de mission au MuMA